Coronavirus à Paris : Pour éviter de toucher la poignée, pourquoi toutes les portes du métro ne s’ouvrent-elles pas automatiquement ?

TRANSPORTS Face à l’épidémie de coronavirus, les opérateurs de transports disent redoubler d’efforts concernant la propreté et la désinfection du matériel roulant mais peuvent-ils aller plus loin ?

R.L.

— 

Le métro parisien en juillet 2020.
Le métro parisien en juillet 2020. — Lionel Urman/Sipa USA/SIPA
  • Si toutes les portes du métro ne s’ouvrent pas automatiquement, pour une raison de technologie différente en fonction des trains, les opérateurs assurent redoubler d’effort sur l’hygiène des points de contact.
  • « Le métro n’a jamais été aussi désinfecté, aussi nettoyé, aussi propre », affirmait début septembre lors d’une conférence de presse Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France.
  • Selon la RATP, « 1.800 personnes sont mobilisées quotidiennement afin d’assurer le nettoyage des gares, des stations, des bus, des rames de métro, de tramway et de RER ».

C’est la petite bataille dans la grande guerre. Une lutte qui précède la crise sanitaire mais qui prend de l’ampleur à l’heure des gestes barrières et d’une distanciation sociale mise à mal depuis le retour dans les transports. A qui revient-il d’ouvrir la porte du métro ? Qui posera ses doigts sur cette poignée, sorte de nid à miasmes en puissance ? A chacun sa technique. Si certains se mettent volontairement en retrait en attendant qu’un autre voyageur ne se saisisse du problème, quitte à rater leur correspondance, d’autres n’hésitent pas à se lancer, en ouvrant la porte de la rame, parfois avec leur manche ou du bout des doigts, pour s’arroser ensuite abondamment de gel hydroalcoolique.

Pourtant, dans ce combat des temps modernes, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Sur certaines lignes, les portes s’ouvrent automatiquement. Sur d’autres, non. Une situation qui pourrait évoluer ?

« C’est une question de génération de métro et de technologie »

Sept lignes de métro permettent de ne pas toucher la poignée. Sur les lignes 1 et 14, l’automatisation des portes règle le problème et la ligne 4 en cours d’automatisation s’ouvre par exemple grâce à l’action du conducteur. Tout comme sur la ligne 13, la 2, la 5 ou encore la 9. Les autres lignes en revanche, comme la 6 ou la 12, sont complètement dépourvues de la fonctionnalité. « C’est une question de génération de métro et de technologie. Toutes les nouvelles rames de métro ont des ouvertures automatiques ou bien gérées par le conducteur. Pour les autres, c’est manuel », répond-on chez Ile-de-France Mobilités sollicité par 20 Minutes.

La solution viendra donc au fil du temps avec le renouvellement du matériel roulant et son automatisation. En attendant, et pour faire face à l’épidémie de coronavirus, les transports franciliens sont nettoyés très régulièrement, assure-t-on depuis des mois à la RATP et à la SNCF. « 1.800 personnes sont mobilisées quotidiennement afin d’assurer le nettoyage des gares, des stations, des bus, des rames de métro, de tramway et de RER. Elles apportent un soin particulier aux zones de contact auxquelles sont sensibles les voyageurs, c’est-à-dire les barres de maintien, les mécanismes d’ouverture de porte, les lignes de péage, les appareils distributeurs, les mains courantes des escaliers et escalators ainsi que les sièges situés sur les quais », indique-t-on au sein de la RATP, contactée par 20 Minutes. Selon Valérie Pécresse, le métro n’a même « jamais été aussi propre ».

« Le métro n’a jamais été aussi désinfecté »

« Le métro n’a jamais été aussi désinfecté, aussi nettoyé », affirmait début septembre lors d’une conférence de presse la présidente de la région Ile-de-France et d’Ile-de-France Mobilités, alors que l’offre de transport repartait à 100 % sans la règle d'un siège sur deux. En mai, lors du déconfinement, Ile-de-France Mobilités, avait demandé aux opérateurs de désinfecter plusieurs fois par jour les rames et intérieur des véhicules. « Nous sommes très vigilants sur ce point », assurait auprès de 20 Minutes, Grégoire de Lasteyrie, maire (LR) de Palaiseau (Essonne), délégué spécial aux nouvelles mobilités au conseil régional et administrateur d’Ile-de-France Mobilités. Une attention particulière qui se poursuit.

Les stations et gares sont nettoyées deux fois par jour, selon les opérateurs de transports. Un nettoyage désinfectant est réalisé également à la fin de chaque service sur l’ensemble du réseau d’Île-de-France Mobilités, qu’il s’agisse du RER, du métro, du bus ou du tramway. Enfin, des « équipes mobiles » interviennent à bord du matériel roulant durant les heures creuses pour désinfecter les surfaces de contact. La RATP qui a procédé dès le 11 mai, à l’industrialisation de la désinfection par nébulisation pour sa flotte de bus a en effet élargi ce procédé en plus des nettoyages quotidiens. Le but : assainir les surfaces potentiellement infectées. Et donc cette fameuse poignée.

« Désormais toutes les lignes de métros et de RER du réseau d’Île-de-France Mobilités exploitées par la RATP (RER A et B) sont désinfectées grâce à cette technique. À noter que, en Île-de-France, d’autres opérateurs ont également mis en place cette solution, toujours en utilisant des produits actifs contre le Covid-19 », indique la régie des transports, qui se félicite dans le même temps de son procédé : « Avec la nébulisation, un bus est par exemple désinfecté en 2 minutes et 40 secondes et une rame de métro entière en moins de 5 minutes ».