« Macadam » redonne de la voie

Rémi Laporte

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Après deux ans d'absence, il est réapparu lundi à Paris, métamorphosé. Pour son numéro « renaissance », le premier journal de rue en France, a changé sa présentation et établi un partenariat avec Reporters d'Espoir, qui a rédigé un cahier spécial de huit pages. Les vendeurs, qui touchent 1 euros sur les 2 que coûte le journal, sont le plus souvent des travailleurs précaires. Parfois même, c'est pour rompre la solitude qu'ils ont choisi d'être colporteurs, comme Lucienne Pons, retraitée de 74 ans. Elle a vendu ses premiers Macadam en 2000. Aujourd'hui, elle vient quatre heures par jour à la gare de Lyon. Non sans fierté, elle explique : « A force, les gens me connaissent. »

Si la plupart des vendeurs étaient des SDF lors de la création du journal en 1993, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Lucienne note toutefois que « beaucoup font encore la confusion entre vente de journaux et mendicité ». Pour cette nouvelle formule du mensuel, les vendeurs seront fréquemment invités à donner leur avis et même à écrire dans le journal. Pour cela, des ateliers d'écriture, encadrés par des journalistes, sont organisés. Lucienne confie qu'elle s'est « très vite impliquée dans l'écriture ». Elle est convaincue de « l'impact social du journal ». Actuellement, une soixantaine de vendeurs travaillent pour le mensuel présent dans de nombreuses villes de France. Mais à Paris les vendeurs font défaut. Pourtant, la seule qualité requise est une volonté de fer. Deux autres journaux sont vendus dans la rue : L'Itinérant et Sans Abris, « mais leur vocation n'est pas la réinsertion », selon Macadam. ■Renseignements sur www.macadamjournal.com ou au 06 73 34 64 28 auprès d'Olivier Desmoulins.