Paris refuse l'avis d'un professeur sur les ondes wi-fi

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Nouveau rebondissement dans l'affaire du wi-fi des bibliothèques municipales parisiennes. Rebranché par la Mairie de Paris en novembre après plus d'un an d'arrêt - après qu'une quarantaine de bibliothécaires s'étaient plaints de malaises -, le syndicat Supap-FSU a dénoncé hier le refus de la Ville d'auditionner un cancérologue au prochain comité d'hygiène et de sécurité (CHS) de la direction des affaires culturelles.

« Nous voulions déplacer le débat d'un aspect purement technique à un aspect sanitaire. Le syndicat avait mis cette question à l'ordre du jour avec l'intervention du professeur Belpomme mais il a été réfuté par Christophe Girard [adjoint PS chargé du Patrimoine à la Ville de Paris], sous prétexte que ce n'était pas au CHS de se saisir de cette question », raconte Agnès Dutrévis, déléguée Supap-FSU. « Les mesures d'ondes électromagnétiques ont été faites dans ces établissements et elles sont 80 à 400 fois inférieures aux normes, oppose la Mairie de Paris. Le CHS n'est pas le lieu pour débattre à huis clos de la législation. » « On a certainement refusé ma présence car on connaît ma position sur le sujet, estime pour sa part le professeur Dominique Belpomme. J'ai examiné ces employés de bibliothèque en consultation, et ils subissent une vraie maladie. » Il ajoute que « les scientifiques ne sont pas du tout écoutés, la santé est bradée pour des enjeux économiques à court terme. Au début, c'était un combat contre les lobbies, mais aujourd'hui c'est politique. Un jour, il y aura un effet boomerang pour les élus. » Et la Mairie de réagir : « Nous allons organiser une conférence citoyenne sur le sujet en février, c'est un moyen de replacer le débat là où il doit être. » Le syndicat ne compte pas en rester là, et « monte un dossier » en vue d'attaquer la réfutation du professeur au tribunal administratif.

Magali Gruet