Paris : La préfecture de police saisit l'IGPN pour des faits de violences dans un commissariat

SOCIETE Dans un livre paru jeudi, Valentin Gendrot raconte ses deux années d'infiltration dans la police parisienne, à partir de septembre 2017, faites de violences et d'insultes racistes et homophobes

20 Minutes avec AFP

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Illustration de la police.
Illustration de la police. — Fabrice Elsner / 20 Minutes

Un livre qui a mis le feu aux poudres. La préfecture de police de Paris a annoncé ce jeudi avoir signalé au procureur de la République des faits de violences dans un commissariat de la capitale, rapportés dans le livre Flic par un journaliste infiltré, et saisi la « police des polices ».

Dans ce livre paru jeudi aux éditions Goutte d'Or, Valentin Gendrot raconte ses deux années d’infiltration dans la police parisienne, à partir de septembre 2017, faites de violences et d’insultes racistes et homophobes, mais aussi de manque de moyens, de suicides et de mal-être des troupes.

« Des agissements graves »

Dans le passage le plus explosif, il raconte, alors en poste au commissariat du 19e arrondissement parisien, avoir assisté à une « bavure » lorsqu’un policier a roué de coups et insulté un adolescent qui l’avait provoqué, après un contrôle. Le policier a porté plainte pour outrage et menaces, l’adolescent pour violences, selon l’auteur du livre.

Un PV « mensonger » est alors rédigé pour « charger le gamin et absoudre » le policier, affirme Valentin Gendrot, qui incriminera lui aussi l’adolescent lors d’une enquête interne.

L’auteur dénonce dans son livre « des agissements graves », a réagi la préfecture de police, qui affirme qu'« à ce stade, les policiers accusés ne sont pas identifiés et les faits allégués ne sont pas vérifiés ».

« Le préfet de Police réaffirme tout son soutien aux policiers »

« Afin d’établir la véracité des faits relatés dans ce livre et relayés par les médias, et à la demande du ministre de l’Intérieur, le préfet de Police, Didier Lallement, les a portés à la connaissance du procureur de la République et a saisi parallèlement à titre administratif l’Inspection générale de la police nationale », ajoute-t-elle dans son communiqué.

« L’enquête devra également déterminer les raisons pour lesquelles les faits supposés n’ont pas fait l’objet d’un signalement immédiat au procureur » poursuit la PP.

« Le préfet de Police réaffirme tout son soutien aux policiers qui accomplissent au quotidien leurs missions avec professionnalisme dans des conditions souvent difficiles », conclut la préfecture.