Comment Paris rend « moins dangereux » les abords de certaines écoles

RENTREE SCOLAIRE A l’occasion de la rentrée des classes, les enfants et parents de 122 écoles parisiennes ont vu les abords de leur établissement « apaisés » ou interdits à la circulation

Romain Lescurieux

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Ce mardi matin, jour de rentrée des classes, dans la rue Tandou (19e arrondissement)
Ce mardi matin, jour de rentrée des classes, dans la rue Tandou (19e arrondissement) — R.LESCURIEUX / 20Minutes
  • Rue Tandou, dans le 19e arrondissement de Paris, les élèves et leurs parents ont découvert, ce mardi matin, une zone sans voiture.
  • Cent vingt-deux écoles sont concernées par cette nouveauté pour cette rentrée 2020.
  • Promesse de campagne d’Anne Hidalgo et de ses alliés écologistes, ce dispositif va continuer de s’étendre à la capitale ces prochains mois.

Une rentrée apaisée. Barrières, bacs à fleurs, plots, marquages au sol et agents de la ville en position… Ce mardi matin, jour de rentrée des classes, les enfants et parents des groupes scolaires de la rue Tandou, dans le 19e arrondissement de Paris ont découvert leur « rue aux écoles ». Une zone interdite aux voitures mise en place fin août pour permettre aux familles de « profiter, en toute sécurité, d’espaces apaisés et moins pollués », lit-on sur les affiches de la ville. Soit une fermeture de trois axes routiers pour la protection de près de 800 élèves. Et pour cause.

C’était une promesse de campagne et un point d’accord de l’alliance scellée dans l’entre deux-tours entre la maire de Paris Anne Hidalgo et les écologistes : la piétonnisation des abords des écoles les plus polluées. Un engagement d’ores et déjà sur les rails. Après une expérimentation dans certaines zones ces derniers mois et à l’occasion de cette rentrée des classes, 122 écoles parisiennes sont désormais équipées d’abords « apaisés » avec une vitesse des véhicules réduite à 20 km/h ou bien interdites à la circulation.

Près de 65 « rue aux écoles » ont été mises en place au déconfinement et 57 lors de cette fin d’été. La moitié est dite en « zone apaisée », l’autre interdite à la circulation - sauf pour les livraisons – comme dans la rue Tandou où le stationnement y est également prohibé dès 8 heures du matin, sauf pour les places réservées aux personnes handicapées. Une « urgence » motivée par la situation actuelle.

« On a répondu à ce qui était une situation de dangerosité »

Face à une rentrée particulière et une « urgence » en matière de qualité de l’air et de sécurité, la ville a en effet décidé de mettre en place rapidement ces installations provisoires, qui seront par la suite pérennisées. « Ce sont des aménagements temporaires mais qui permettent tout de même d’arrêter la circulation. Les choses se mettent en place progressivement. Mais déjà les enfants et leurs parents peuvent occuper l’intégralité de l’espace sans être inquiétés », explique sur place à 20 Minutes, David Belliard, adjoint à la maire de Paris en charge de la transformation de l’espace public, des transports, des mobilités, du code de la rue et de la voirie. Un déplacement qui ne doit rien au hasard.

« Ici, ce dispositif est aussi une réponse à un grave accident de circulation qui a eu lieu », ajoute-t-il. Et de préciser : « Il y a un an, dans cette rue, une fillette avait été percutée par une voiture. On a donc répondu a ce qui était une situation de dangerosité. Avant, ici, il y avait beaucoup de circulation ». Des parents d’élèves confirment.

« Je suis rassuré pour ma fille »

« L’année dernière, il y avait trop de voitures, aussi de ceux qui venaient chercher leurs enfants. Ils bloquaient la circulation. Aujourd’hui, c’est plus sécurisant. C’est moins dangereux pour nos enfants et on respire mieux. Je suis rassuré pour ma fille qui va rentrer toute seule cette année », affirme Karim. Même son de cloche à quelques mètres. « C’est super ! Ici il y a des écoles partout concentrées sur deux rues et maintenant on peut être à pied partout sans être gênés par les voitures », se réjouit Dorine, mère d’une petite fille.

Ce dispositif des « rues aux écoles » va se poursuivre dans les mois et années à venir. « Il y aura une concertation avec les élus locaux pour savoir ce qu’on fait de ces espaces libérés de la voiture. On peut imaginer débitumer, faire des espaces verts, des jeux, des bancs… Le nombre d’usage possible est vraiment très important. On redonne de l’espace aux gens », se félicite David Belliard. A terme, l’ensemble des écoles de la capitale seront étudiées de près pour accueillir un tel dispositif. Mais la promesse de campagne tablait en tout cas sur la piétonnisation des abords de 300 écoles à la fin du nouveau mandat d’Anne Hidalgo.