Coronavirus à Paris : Avant la rentrée, la RATP anticipe une hausse de la fréquentation dans le métro

TRANSPORTS Si la fréquentation dans les transports en commun franciliens reste bien en-deça de la moyenne, la distanciation physique est depuis quelques semaines impossible à respecter

C.Po.

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À Paris, les rames de métro, quais et sièges sont prêts a accueillir les voyageurs d Ile de France : autocollants entre les sièges, rappel des mesures pour respecter les gestes barrières, etc.
À Paris, les rames de métro, quais et sièges sont prêts a accueillir les voyageurs d Ile de France : autocollants entre les sièges, rappel des mesures pour respecter les gestes barrières, etc. — Louise MERESSE/SIPA

Qu’il semble le loin le temps où l’on ne pouvait monter dans la ligne 13 sans avoir à laisser passer trois métros, où il fallait jouer des coudes pour pouvoir accéder au RER B à Châtelet-les-Halles, où il fallait anticiper sa sortie dans les wagons bondés de la ligne 1. Depuis cet été, la fréquentation des transports en commun parisien stagne autour de 60 %. En cause : la baisse sans précédent du nombre de touristes dans la capitale, l’incitation au télétravail et la cote de popularité inédite du vélo.

Pour autant, depuis quelques semaines, respecter la distanciation physique est devenu impossible dans les moyens de transport. Un fait d’ailleurs acté par la RATP qui a pris la décision, en fin de semaine dernière, en accord avec les autorités, de faire retirer les stickers imposant aux usagers de se tenir à bonne distance de leurs voisins. « Désormais, seul le port du masque est obligatoire même si la distanciation physique est recommandée dès lors qu’elle est applicable », indique-t-on.

Le contexte de reprise épidémique ravive la crainte des autorités

La rentrée pourrait rendre ces gestes barrières encore plus difficiles à respecter. « Pour l’instant, les projections de fréquentation sont assez floues à cause des nombreuses incertitudes qui entourent la reprise de l’épidémie ou le maintien du télétravail dans les entreprises », précise la régie des transports parisiens.

Cette perspective d’une augmentation de la fréquentation des transports franciliens dans un contexte de reprise épidémique ravive la crainte des autorités de voir les métros, RER, bus ou tramway - où se croisent d’ordinaire cinq millions de personnes - se transformer en lieux de contagion incontrôlables. Et ce, même si selon le dernier rapport de Santé publique France, aucun des 197 clusters enregistrés dans la région parisienne n’a été identifié dans les transports en commun.

La RATP a renforcé son protocole sanitaire

Si le port du masque et le fait que les usagers parlent et bougent relativement peu une fois qu’ils sont dans la rame peuvent expliquer partiellement cette absence, les experts pointent un biais méthodologique : alors que dans les entreprises ou les lieux de vie, il est relativement facile d’identifier les cas contacts, dans les transports, les chaînes de contamination sont quasiment impossible à remonter.

Ainsi, pour tenter au maximum de limiter la circulation du virus, la RATP a renforcé son protocole sanitaire ces dernières semaines. Alors qu’après le déconfinement, seuls les bus étaient nettoyés tous les soirs avec des produits virucides, c’est désormais le cas de toutes les rames de métro, tramway ou RER. De même, les couloirs, les quais mais également les halls des gares sont désinfectés. Enfin, la RATP a mis en place sur son application une fonctionnalité de « crowdsourcing » : désormais, les usagers peuvent préciser le degré d’affluence sur leurs lignes afin de permettre aux plus fragiles d’adapter leur trajet.