Coronavirus à Paris : On fait le point sur cette histoire de masque obligatoire

ÉPIDÉMIE La maire de Paris, Anne Hidalgo, a demandé mardi au préfet de police de rendre obligatoire le port du masque dans plusieurs secteurs extérieurs fréquentés de la capitale dont les quais de Seine

Romain Lescurieux

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Le long de la Seine après le déconfinement.
Le long de la Seine après le déconfinement. — HOUPLINE RENARD/SIPA
  • La maire de Paris, Anne Hidalgo, a demandé au préfet de police de rendre obligatoire le port du masque dans plusieurs secteurs fréquentés de la capitale.
  • Le zonage et sa cartographie doivent être communiqués dans les prochaines heures et la mesure mise en place rapidement.
  • « C’est inutile de mettre le masque si on est tout seul dans la rue mais il faut l’avoir à proximité et le mettre dès que c’est nécessaire. Donc dans les zones denses et fréquentées », détaille auprès de « 20 Minutes », Anne Souyris, adjointe à la maire de Paris en charge de la santé publique.

Le masque s’impose. Après Lille, Tours, Biarritz, Toulouse ou encore Nice, le masque va devenir obligatoire en extérieur dans la capitale, principalement dans les secteurs fréquentés. Face à la crainte d’une reprise de l’épidémie de coronavirus, la maire de Paris, Anne Hidalgo favorable à l’élargissement du dispositif du port du masque obligatoire, et après consultation des maires d’arrondissements, a saisi ce mardi la préfecture de police de Paris (PP), et a transmis une demande d’arrêté préfectoral au préfet de police Didier Lallement, compétent en la matière depuis fin juillet.

La PP qui ne s’est pas montrée « défavorable » au dispositif a tout de suite commencé à plancher sur la question. « Le travail d’identification des sites est en train d’être fait entre la préfecture de police et la mairie de Paris », expliquait-on mardi soir à l’Hôtel de ville, sollicité par 20 Minutes. Le zonage et sa cartographie doivent être communiqués dans les prochaines heures. Les quais de Seine, Canal Saint-Martin et de l’Ourcq, les marchés découverts, les abords des gares et certaines rues commerçantes, pourraient être concernés dans un premier temps. 20 Minutes fait le point sur ce qui attend les Parisiennes, Parisiens et les quelques touristes, dans moins de 72 heures.

Quels sont les contours de la mesure ?

Alors que le masque était déjà obligatoire dans les lieux publics clos, de nombreuses villes rendent depuis quelques jours, le port du masque obligatoire à l’extérieur, dans certains secteurs et zones de l’espace public. Le gouvernement permet en effet depuis le 31 juillet aux préfets de l’imposer à l’extérieur dans les endroits où ils le jugent nécessaire. Aux alentours de 25 villes ont d’ores et déjà fait passer la mesure dans certaines de leurs rues. Et c’est au tour de Paris. « Si on ne veut pas d’un nouveau confinement en septembre ou octobre, il faut se doter de mesures préventives et plus fortes qu’en février dernier », constate auprès de 20 Minutes, Anne Souyris, adjointe à la maire de Paris en charge de la santé publique.

« Aujourd’hui, nous avons des masques donc il faut multiplier les moments où on le met. C’est inutile de le mettre si on est tout seul dans la rue mais il faut l’avoir à proximité et le mettre dès que c’est nécessaire. Donc dans les zones denses et fréquentées », ajoute-t-elle.

Quelles sont les zones susceptibles d’êtres concernées ?

Les Parisiennes, Parisiens et touristes pourraient être obligés dans les jours qui viennent de porter le masque sur les quais de Seine, les berges du Canal Saint-Martin et de l’Ourcq, les marchés à ciel ouvert, les abords des gares – où le masque est déjà obligatoire à l’intérieur – et dans quelques rues commerçantes. Dans un second temps, l’obligation pourrait s’étendre à d’autres zones comme autour des lieux touristiques, musées, grands magasins, et davantage de rues commerçantes et des zones denses spécifiques dans chaque arrondissement. Les parcs et jardins évoqués dans un premier temps ne semblent, en revanche, ne plus être une priorité. « Pour l’instant, nous n’avons pas trop de remontées des maires d’arrondissements. Les gens y restent en famille et sont plutôt séparés les uns des autres », détaille l’adjointe. Et de préciser : « La cartographie sera néanmoins évolutive. »

Un geste barrière nécessaire ?

« L’équilibre est fragile et nous pouvons basculer à tout moment » vers une reprise incontrôlée de l’épidémie de Covid-19 en France, a averti ce mardi le Conseil scientifique, en insistant sur l’importance des mesures barrières. « L’avenir de l’épidémie à court terme est en grande partie entre les mains des citoyens », prévient l’instance dans un nouvel avis. Au-delà de la situation cet été, le Conseil scientifique juge toujours « hautement probable qu’une seconde vague épidémique soit observée à l’automne ou l’hiver. » Mais le port du masque est-il utile en plein air ? C’est la question qui divise les médecins aujourd’hui. 20 Minutes fait d’ailleurs le point dans cet article. Pour Anne Souyris, le masque à l’extérieur fait partie des « actions de réduction des risques ». « On fait de la prévention, on n’attend pas que la vague arrive ou du moins on fait en sorte qu’elle soit plus douce ».

Quid de la verbalisation ?

Comme ailleurs et comme dans les lieux clos, être sans masque est passible d’une amende de 135 euros. Mais la mairie de Paris veut d’abord être dans un « travail pédagogique » grâce à ses agents. « Nous voulons sensibiliser et responsabiliser les gens. Nous avons d’ailleurs fait de la dentelle avec la préfecture, pour que ce soit un travail adéquat et que les gens y souscrivent. On ne va pas être derrière chaque personne qui n’a pas un masque dehors », assure l’adjointe. Quid de la verbalisation ? « La sanction arrivera si jamais il y a des abus volontaires ou si le pli ne prend pas. Mais l’objectif est que chacun pense à le faire et adapte son comportement à la réalité des choses », conclut-elle.

Qu’en pensent les Parisiennes et les Parisiens ?

Dans un appel à témoignages lancé ce mercredi matin par 20 Minutes, des internautes réagissent à la mesure. Évidemment, le sujet fait débat. « Je pense que le masque devrait être mis en sortant du domicile et le retirer quand on rentre chez soi. C’est la seule solution pour éviter le reconfinement, les malades et les décès », affirme Dominique. « Je suis entièrement contre le port du masque dans les rues. C’est une atteinte à la liberté individuelle. Le mettre dans un endroit clos, pourquoi pas. Mais à l’extérieur c’est impensable, surtout lorsqu’il fait très chaud comme c’est le cas en ce moment », réagit de son côté Kelly, une autre internaute.