haro sur L'héritage de Monet et de Caillebotte

Carole Bianchi - ©2008 20 minutes

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Depuis le 7 décembre, Argenteuil (Val- d'Oise) est en effervescence. Le député (UMP) Georges Mothron, ancien maire de la troisième ville d'Ile-de-France, a annoncé à cette date dans Le Journal du Dimanche qu'ils souhaitaient faire classer plusieurs sites peints par les artistes impressionnistes comme Claude Monet ou encore Gustave Caillebotte. Une façon de redorer le blason de la ville d'Argenteuil, ternie depuis l'intervention de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, qui voulait « débarrasser » la dalle de « ses racailles ». Et de booster l'activité économique. « S'il faut que je signe un papier avec Georges Mothron pour l'intérêt de la ville, je le ferai », défie le maire socialiste Philippe Doucet, faisant allusion aux nombreux désaccords qui l'opposent à son adversaire.

D'ailleurs, depuis novembre, la municipalité avait lancé une campagne de communication sur les atouts méconnus de la ville. Seul problème la majorité des sites des impressionnistes, comme Le Pont d'Argenteuil de Monet ou encore les guinguettes des bords de Seine, ne ressemblent en rien aujourd'hui à ce qu'on peut admirer sur les toiles. « Une partie de notre boulot, ça va être de réhabiliter d'abord ces lieux pour valoriser l'image de la ville, poursuit Philippe Doucet. On ne va pas devenir Cannes, mais je pense que la résonance des impressionnistes à l'étranger a été jusqu'alors sous-estimée ». Preuve en est, The Sunday Times et The Independant ont immédiatement relayé l'initiative de Georges Mothron. « Argenteuil est connue dans le monde entier mais pas à Argenteuil, atteste Mustapha Saha, sociologue et artiste peintre. L'opération de Georges Mothron doit cependant aller au-delà de l'opération marketing et politique. » « On a tous à y gagner avec ce classement de sites à l'Unesco, atteste Olivier Millot, directeur du musée d'Argenteuil. Mais il est plus facile de s'appuyer sur des éléments concrets comme le patrimoine de la ville que sur des souvenirs. Mon combat, c'est de faire venir le public au musée d'Argenteuil pour voir les deux Caillebotte plutôt qu'il aille au musée d'Orsay. »