les syndicats de gauche agacés par le rectorat

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Pas contents les syndicats de professeurs et de parents d'élèves marqués à gauche. Selon Valérie Sultan, secrétaire générale adjointe du Syndicat national de l'enseignement supérieur (Snes) de l'académie de Créteil, les « conclusions du recteur sont un peu hâtives ». Ce professeur de français prenant en exemple l'important mouvement social de 2003 portant sur la décentralisation et les retraites, qui visiblement n'avait pas eu d'impact sur le taux de réussite au bac.

« Au contraire, cette année-là, les résultats avaient été beaucoup plus élevés que les années précédentes », relève-t-elle. « S'il y a un vrai scandale à dénoncer, c'est celui des professeurs absents qui ne sont pas remplacés ! Que le recteur balaie devant sa porte avant de nous pointer du doigt », s'insurge Valérie Sultan.

Même réaction à la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE). « Si on en arrive à la grève et aux blocages, c'est que les suppressions de postes et le manque constant de moyens inquiètent les élèves », constate Alain Buch, président de la FCPE Val-de-Marne. « Nous ne sommes ni pour ni contre le blocage, mais les lycéens sont suffisamment responsables pour laisser travailler ceux qui ont des examens à la fin de l'année. »

Conscients ? Pas si sûr à en croire les terminales du lycée Condorcet (9e) qui pestaient hier contre le blocage, assez rare, de leur établissement. « On a déjà eu les grèves de profs en début d'année, maintenant c'est le barrage. On perd du temps. Ça sera difficile de rattraper », s'inquiète Guillaume en terminale scientifique. « L'analyse de l'académie de Créteil ne me surprend pas. Nous avons constaté un plus grand nombre de redoublements dans certains établissements parisiens bloqués l'an passé, relève Corinne Tapiero, présidente de la fédération des Parents d'élèves de l'enseignement public (Peep) Paris, marquée à droite. Et des lycées qui avaient bonne réputation, comme Montaigne et Voltaire, ont vu chuter leur nombre d'inscriptions de façon radicale. »

C. B.