Affaire Girard : Trois notes de frais de repas avec Matzneff découvertes, réglées par la Ville de Paris

JUSTICE Selon « Mediapart », les services municipaux ont découvert, les 22 et 23 juillet, trois notes de frais de repas entre l’élu et l’écrivain Gabriel Matzneff

20 Minutes avec AFP

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Christophe Girard et Anne Hidalgo en février 2019.
Christophe Girard et Anne Hidalgo en février 2019. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
  • La Ville de Paris a découvert trois notes de frais engagées par l'ancien élu Christophe Girard pour des repas avec l'écrivain accusé de pédophilie Gabriel Matzneff. 
  • L'une d'elles a été transmise au parquet de Paris par Anne Hidalgo.
  • Mis sous pression par les écologistes, Christophe Girard, qui avait nié toute proximité avec Gabriel Matzneff, a démissionné la semaine dernière.

Les révélations continuent après les coups de tonnerre à la mairie qui ne cessent de faire trembler les murs de l’Hotel de Ville. La semaine passée, la Ville de Paris a découvert trois notes de frais engagées par l'ancien élu Christophe Girard pour des repas avec l’écrivain accusé de pédophilie Gabriel Matzneff, a indiqué mardi le premier adjoint Emmanuel Grégoire confirmant des informations de Mediapart.

Selon Mediapart, les services de la Mairie de Paris ont trouvé des factures de restaurant datant de 2019, 2017 et 2016. La première a été transmise au parquet de Paris qui a ouvert une enquête pour « viols sur mineurs » visant Gabriel Matzneff. « La maire Anne Hidalgo a souhaité jouer la transparence », a expliqué Emmanuel Grégoire.

Des notes de frais « nullement » incriminantes

Dans le cadre de cette enquête, Christophe Girard avait été entendu en mars, notamment en qualité d’ancien secrétaire général de la Maison Yves-Saint Laurent entre 1986 et 1987, structure qui a apporté un soutien financier à l’écrivain.

Mis sous pression par les écologistes, Christophe Girard, qui avait nié toute proximité avec Christophe Matzneff, a démissionné la semaine dernière de son poste d’adjoint à la Culture, juste après la découverte de ces factures. Il avait dénoncé « un climat délétère général ».

Les trois notes de frais ne sont « nullement » incriminantes, ni « dissonnantes avec ce que disait Christophe Girard » de sa relation avec Matzneff, a assuré Emmanuel Grégoire auprès de l’AFP.

« D’abord parce que manger avec quelqu’un n’est pas qualificatif de sanction pénale. Et, deuxièmement, Christophe Girard ne se cachait pas d'avoir eu des contacts avec Gabriel Matzneff, qu’il ne qualifie pas d’amicaux mais de professionnels », a-t-il poursuivi. La découverte de ces notes a-t-elle précipité la décision de démissionner de Christophe Girard ?

L’élu était « en réflexion depuis un moment »

L’élu était « en réflexion depuis un moment » et « ne supportait plus d’être sous une pression aussi malveillante », a répondu Emmanuel Grégoire en déplorant « une immense injustice qui est de confondre d’avoir connu Gabriel Matzneff avec des accusations a minima de pédophilie voire des amalgames encore plus choquants ».

Le cas Girard a provoqué de graves tensions entre Anne Hidalgo et ses alliés écologistes trois semaines après leur reconduction à la Mairie de Paris.

Jeudi, alors que se tenait le premier Conseil de Paris de la mandature, une trentaine d'élus et activistes féministes se sont rassemblés sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Ils demandaient l’ouverture d’une enquête interne et la suspension de l’adjoint, entendu en mars dans l’enquête sur l’affaire dite Matzneff, et sorti libre de son audition.