Paris : « Dès la rentrée, les collégiens et les lycéens vont bénéficier de la gratuité des transports », se félicite David Belliard

INTERVIEW Promesse de campagne d’Anne Hidalgo et des écologistes, le Pass Navigo des collégiens et lycéens de la capitale sera intégralement pris en charge. Le nouvel adjoint aux transports, David Belliard, revient sur cette mesure

Propos recueillis par Romain Lescurieux

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David Belliard, à la terrasse du café Le Verre Luisant, dans le 4e arrondissement
David Belliard, à la terrasse du café Le Verre Luisant, dans le 4e arrondissement — Romuald Meigneux/SIPA pour 20 Minutes
  • Après le Pass Navigo gratuit pour les moins de 11 ans en septembre 2019, la ville de Paris applique la même mesure pour les collégiens et les lycéens.
  • « La gratuité pour les moins de 11 ans coûte 18 millions, nous rajoutons donc 10 millions pour les collégiens et les lycéens », indique David Belliard.
  • Cette délibération a été votée au Conseil de Paris qui se déroule ce jeudi et ce vendredi.

Promesse tenue. Alors qu’Anne Hidalgo avait annoncé en janvier 2020  la gratuité des transports en commun pour les moins de 18 ans à Paris si elle était réélue, c’est désormais une réalité. Une délibération a été votée en ce sens au Conseil de Paris qui se déroule ce jeudi et ce vendredi. Dès la rentrée de septembre, les collégiens et lycéens parisiens pourront profiter de cette mesure. David Belliard, candidat EELV à la mairie de Paris ayant fait alliance avec Anne Hidalgo dans l'entre deux-tours, et désormais nouvel adjoint en charge des transports, revient pour 20 Minutes sur les détails de ce dispositif qui concerne 130.000 jeunes Parisiennes et Parisiens.

Quels seront les contours de cette gratuité des transports pour les jeunes de moins de 18 ans ?

Après la gratuité pour les moins de 11 ans mise en place en septembre 2019, dès la rentrée 2020, les collégiens et les lycéens vont aussi pouvoir bénéficier de la gratuité des transports en commun. C’est une discussion que nous avons depuis 2017. Cela a commencé par la gratuité pour les seniors de plus de 65 ans, puis la gratuité pour les moins de 11 ans et pour les mineurs en situation de handicap. Aujourd’hui, nous proposons une extension pour les collégiens et les lycéens. Cette mesure concerne l’abonnement annuel du Pass Navigo et 135.000 jeunes pourront en profiter. 

Concrètement, il s’agit d’un Pass Navigo gratuit sans avance à débourser ?

L’objectif, c’est d’arriver à un système où les bénéficiaires n’auraient rien à débourser. Des discussions sont en cours avec Ile-de-France Mobilités sur ce sujet. Mais pour le moment, et ce dès la rentrée, nous mettons en place un remboursement du Pass Navigo, sous réserve de remplir un formulaire de la ville de Paris et de fournir quelques pièces justificatives. Le traitement se fera entre 4 et 6 semaines. Pour les gens qui ne peuvent pas avancer la somme, la mensualisation est possible. Cela leur permettra de n’avancer qu’un ou deux mois d’abonnement avant d’en obtenir le remboursement complet.

Cette extension de la gratuité des transports en commun pour tous les Parisiens de moins de 18 ans était une des promesses de campagne d’Anne Hidalgo, c’était important de la mettre en œuvre au plus vite après son élection ?

Oui, et cela d’autant plus que cette mesure est une convergence des propositions faites par Anne Hidalgo et des écologistes durant la campagne. C’est une mesure fondamentale et extrêmement forte, tant sur un plan écologique que social. La crise économique nous incite d’ailleurs à développer des mesures de solidarité et d’aide pour les plus en difficulté. En outre, nous souhaitons donner une impulsion forte sur la question de l’usage des transports en commun et des mobilités actives. Nous allons ouvrir un nouveau chapitre, révolutionner la manière dont on pense la ville et cela passe par la récupération de l’espace public et par le développement massif d’autres mobilités, avec la volonté d’agir très vite et très fortement sur les transports en commun. C’est un signal fort. C’est une mesure pour inciter les plus jeunes à les utiliser.

Le Pass Navigo pour les collégiens et lycéens coûte 350 euros par an et est déjà financé à hauteur de 75 % par des aides de la ville de Paris et de la région Ile-de-France, vous venez donc payer les 25 % restants. Combien cela va-t-il coûter à la ville ?

Nous avons budgété 10 millions d’euros supplémentaires. La gratuité pour les moins de 11 ans coûte 18 millions, nous rajoutons donc 10 millions pour les collégiens et les lycéens. C’est un choix fort fait par notre majorité que la ville aide les plus en difficulté. C’est un investissement social, acté dans un cadre budgétaire maîtrisé.

A l’époque de la promesse d’Anne Hidalgo de gratuité pour les moins de 18 ans, certains évoquaient dans l’opposition une « mesurette à visée électorale »… Que répondez-vous aujourd’hui ?

C’est une mesure parfaitement cohérente, qui donne corps à la philosophie de notre politique et de nos priorités. Nous sommes dans une logique de transformation écologique de la ville, et cela passe par des mécanismes de solidarité et de justice sociale en aidant les plus jeunes à utiliser les transports en commun.

Vous avez évoqué des discussions sur le sujet en cours avec la présidente de la région et des transports en Ile-de-France, Valérie Pécresse, quelle en est la teneur ?

Nous avons et nous allons avoir des discussions sur ce sujet mais pas seulement. Aujourd’hui, nous avons une discussion sur les 2,6 milliards d’euros qui manque, et nous faisons appel à l’Etat pour qu’il comble ce déficit. Il a mis 7 milliards pour l’aviation, 7 milliards pour l’automobile, il faut mettre de l’argent pour le ferroviaire et dans les transports en commun du quotidien. Là-dessus, Valérie Pécresse est sur la même position que celle défendue par notre majorité. Plus généralement nous avons des intérêts communs à l’amélioration de l’offre de transports en commun en Ile-de-France.

Peut-on imaginer au cours de ce mandat d’autres aides ou mesures de gratuité concernant la mobilité ?

A l’automne, nous allons mettre en place les Etats Généraux du stationnement et des mobilités. Je souhaite justement une discussion très forte sur les mécanismes que nous pourrions envisager pour favoriser l’accès aux transports en commun et aux vélos.

A terme, y aura-t-il une gratuité universelle des transports en commun à Paris ?

C’est un débat ancien sur la gratuité universelle. Je crois que c’est un service public dont l’usage est contraint et je suis à titre personnel favorable à la gratuité des transports. Mais nous avons aussi des contraintes financières. Aujourd’hui, nous faisons déjà un pas très important en faveur de la gratuité et je crois que nous pouvons collectivement nous en féliciter.