Les enfants déportés du 18e sortent de l’oubli

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Sept cents enfants juifs ont été déportés dans le 18e pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est le résultat des travaux de l’Association pour la mémoire des enfants juifs déportés pour le 18e (AMEJD 18). Depuis bientôt un an, ses membres visitent une à une les écoles de l’arrondissement à la recherche des disparus qui y étaient scolarisés. « Malheureusement, on sera plus près du millier », confie Noël Veg, de l’AMEJD 18. Une plaque commémorative avec le nom et l’âge de l’enfant est ensuite apposée dans chaque établissement, et une autre plus générale à l’extérieur. Les cérémonies ont déjà eu lieu dans huit écoles. D’anciens déportés de l’AMEJD ou des résistants viennent également témoigner dans les classes. L’initiative est venue d’un arrondissement voisin. « En 1997, un instituteur du 20e s’est demandé pourquoi un enfant qui était scolarisé dans l’école n’était jamais revenu. Il a été à l’origine de la création du comité Tlemcen, a entrepris des recherches et depuis, tous les arrondissements ont suivi », raconte Noël Veg. Débutées au printemps dernier, en pleine guerre contre l’Irak, les interventions de l’AMEJD ne bénéficiaient pas d’un climat propice. Et certains directeurs d’établissement ont parfois eu quelques réticences. « Ils pensaient que leur école n’était pas sensibilisée. Mais ils ont tous accepté. C’est aussi pour eux une façon de se décharger. Et à ce jour, il n’y a jamais eu de réactions négatives. » Sandra Laboucarie Les deux prochaines cérémonies auront lieu demain, à l’école du 24, rue Marcadet.