Paris : Vers une réduction des voitures de service à la mairie ?

POLITIQUE Le nombre d’adjoints d’Anne Hidalgo, jugé élevé par l’opposition, a mis en exergue la question des voitures de service de la mairie de Paris à disposition d’élus

R.L.

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Anne Hidalgo, le soir de sa victoire.
Anne Hidalgo, le soir de sa victoire. — LEWIS JOLY/SIPA
  • Anne Hidalgo s’est entourée d’une équipe de 37 adjoints pour son second mandat de maire de Paris.
  • Un chiffre qui a fait bondir l’opposition qui pointe le coût engendré en secrétariat, équipement mais aussi voitures de service.
  • La ville de Paris compte une flotte de 2.500 véhicules comprenant des voitures type berline mais aussi des vélos ou des deux-roues motorisées. Ce pool tend à être diminué.

Les premiers jours de ce second mandat sont déjà synonymes de critiques. Après avoir été élue officiellement vendredi lors d’un vote au Conseil de Paris, où elle a recueilli 96 voix sur 163 votants, Anne Hidalgo a présenté ses adjoints, s’attirant les foudres de certains opposants. Autour de l’édile graviteront une escouade de 37 adjoints contre 21 au début de son précédent mandat. Un chiffre qui a fait bondir l’opposition en la personne de Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du groupe Les Républicains et Indépendants (LRI) durant la précédente mandature.

« A peine élue, la première décision d’Anne Hidalgo à Paris est de nommer 37 adjoints. Coût : 65 millions d’euros. Les Parisiens et les entreprises parisiennes, dont tellement n’arrivent plus à joindre les deux bouts après le Covid-19 apprécieront », a-t-elle réagi sur Twitter. Dans son calcul, elle intègre les créations d’un cabinet pour chaque nouvel adjoint avec « les secrétariats, les équipements et les services de la flotte de véhicules de service et des chauffeurs », explique-t-elle au Parisien. Et au-delà de ce nombre d’adjoints, dont le coût et les effectifs de collaborateurs, devraient être maîtrisés selon la mairie, ce sujet des voitures de service de la mairie de Paris à disposition d’élus revient sur le tapis alors qu’il était déjà sous le feu des critiques durant la campagne.

« Le futur maire de Paris ne devra plus se déplacer en voiture avec chauffeur »

« Je pense qu’il faut restreindre l’exécutif municipal à dix adjoints. Il faut réduire drastiquement la taille de l’exécutif et aussi le nombre de collaborateurs au cabinet du maire. Aujourd’hui, il y a plus d’adjoints au maire de Paris que de ministres dans le gouvernement. Ce n’est pas normal. Enfin, la ou le futur maire de Paris et ses équipes ne devront plus se déplacer en voiture avec chauffeur, comme c’est le cas actuellement. C’est une question d’exemplarité », expliquait à 20 Minutes, en octobre 2018, Gaspard Gantzer (Mouvement Parisiennes, Parisiens, puis LREM). Et le sujet n’est pas resté lettre morte.

Durant la campagne, le premier candidat LREM Benjamin Griveaux souhaitait « céder les 500 véhicules de fonction de la Ville de Paris » pour réaliser des économies. « Il y a trop de voitures et de chauffeurs de fonction. Cela n’a aucun sens, à l’heure de l’urgence climatique », déclarait-t-il au Figaro. La seconde candidate LREM, Agnès Buzyn en avait remis une couche lors du débat du 17 juin sur France 3. « Il y a trop de voitures de fonction », assurait la candidate. Un débat qui était déjà porté par les écologistes durant la précédente mandature. « Les élus doivent être exemplaires. Quand on en voit plein repartir en voiture du Conseil de Paris à 21 heures, ce n’est pas normal. Ils pourraient très bien prendre les transports en commun ou des Vélib' ! », insistait David Belliard (EELV) en 2017, aujourd’hui nouvel adjoint à la maire, chargé des transports. Alors, qu’en est-il ?

60 berlines au service des maires d'arrondissement ou de l'exécutif central

Depuis 2010, il ne s’agit plus de voitures de « fonction » mais de « service ». C’est-à-dire qu’il est impossible d’utiliser le véhicule en dehors du temps de travail. Actuellement, le service technique des transports automobiles municipaux gère une flotte de 2.500 véhicules dont 60 de type berline réalisant 18.000 trajets par an au service notamment des maires d’arrondissement et membres de l’exécutif central, précise Le Parisien. A noter que l’on compte dans ce « pool » de 2.500 véhicules, des vélos, des deux-roues motorisées mais aussi des véhicules pour les agents de la ville pour des missions de propreté ou de sécurité, indique la mairie. Et l’avenir de ces 60 voitures (qui sont hybrides ou électriques) avec chauffeur pour les élus, semble de moins en moins prioritaire.

« On tend à réduire la voilure de ce pool », indique-t-on à l’Hôtel de ville sollicité par 20 Minutes, précisant que cette flotte est vouée à être « réduite à terme » et que « les chauffeurs qui partent en retraite ne sont d’ailleurs pas remplacés ».