Les IUT franciliens en rogne

Carole Bianchi - ©2008 20 minutes

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A quelques mètres du ministère de l'Enseignement supérieur (5e), un carton transformé en cercueil indique « 1968-2008, ci-gît l'IUT ». Hier, quelque 800 étudiants, professeurs et personnels d'encadrement des Instituts universitaires de technologie (IUT) d'Ile-de-France ont manifesté rue Descartes contre la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU). Jusqu'alors, le ministère attribuait directement aux IUT leur budget. Mais à partir de janvier 2009, certaines universités, comme Paris-Descartes, répartiront elles-mêmes leurs moyens.

« On craint que notre budget soit redistribué aux unités de formation et de recherche classiques, souvent sous-dotées, explique Guillaume Bordry, chef du département statistiques à l'IUT Descartes. Cependant, on n'est pas là pour s'opposer à nos collègues. C'est comme si vous preniez une partie du salaire d'un Smicard pour la reverser à un RMiste. » Les étudiants craignent pour la qualité de leurs cours et de leur diplôme, qui serait dévalorisé, selon eux. « Vous ne pensez qu'à réduire, qu'en est-il de notre avenir ! », pouvait-on lire sur une banderole. « A l'IUT, on a un encadrement, on étudie en petit groupe. Avec la loi LRU, on craint d'avoir des travaux pratiques et du matériel en moins », souligne Laure, 21 ans, en formation à Créteil (Val-de-Marne). « Ces filières sont en plein essor. Beaucoup fuient la fac pour faire un IUT, où il y a des débouchés, note Léa, 19 ans, en chimie à Paris-XI. Interrogée hier à l'Assemblée, Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, a réaffirmé que les IUT n'avaient « rien à craindre » et que le « cadre national des diplômes » ne serait pas touché ».