Les caricaturistes gommés

Alexandre Sulzer - ©2008 20 minutes

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Les guides touristiques du monde entier ne recommanderont bientôt plus dans leurs pages l'animation créée par les artisans de rue sur le parvis de Beaubourg (4e). Depuis environ un mois, la police veille à ce que les caricaturistes et autres vendeurs de souvenirs ne proposent plus leurs services. « Cela a toujours été interdit, mais, de fait, c'était toléré », explique Yves Toutu, le président de l'Association des habitants et commerçants riverains du Centre Pompidou. Selon lui, ce serait la police de l'arrondissement qui serait à l'initiative de ce changement. Il s'en réjouit : « Ils étaient collants. L'entrée de Pompidou ne correspondait pas au standing des grands musées internationaux. Les touristes en avaient marre des groupes de bricolos qui leur tiraient trois sous. »

Selon différents commerçants du parvis, certains caricaturistes prétendaient que leur dessin était gratuit, avant de faire pression pour se le faire payer. Des plaintes auraient été déposées. « Il y avait différents groupes de dessinateurs : les Pakistanais, les Chinois... Régulièrement, ils en venaient aux mains. C'était terrible pour l'image. Sans compter qu'ils faisaient de la concurrence déloyale vu qu'ils ne payaient ni patente ni droit de terrasse », raconte un cafetier.

« C'est dégueulasse », estime au contraire Jimmy, un autre commerçant du parvis. Les caricaturistes mettaient Beaubourg en valeur. Aujourd'hui, j'ai des touristes qui me demandent où ils sont passés. » Si les voisins se sont plaints du bruit, c'est à cause, selon lui, des groupes de jeunes marginaux qui se réunissent ici et non pas à cause des « artistes ». Le musée Beaubourg n'a pas souhaité commenter.