Les Restos ouvrent leur coeur

Magali Gruet Photos : Sébastien Ortola - ©2008 20 minutes

— 

Malika, tchétchène, et Ciclo, colombienne, étaient venues « entre voisines » hier faire leur marché au centre des Restos du coeur de la rue d'Alleray (15e). La première gagne 394 eur par mois et a un fils de 15 ans à charge. Elle s'approvisionne dans le centre une fois par semaine. « Je viens pour le lait, les conserves, les légumes. Je manque de tout, mais je viens d'obtenir mon statut de réfugiée. Je parle espagnol, russe, tchétchène, kasar et un peu français. Je veux être traductrice », lance-t-elle pleine d'espoir. Derrière elle, Zinbe, marocaine, 30 ans, tente de « finir le mois » avec les Restos. Elle élève seule deux enfants en bas âge et s'approvisionne en couches, pots, compotes. « J'ai 600 eur par mois avec les allocations. Je paie 100 eur de loyer une fois les aides au logement déduites. Je suis mariée avec un Français, mais c'est un connard qui m'a laissée tomber il y a plusieurs années. »

Des situations difficiles à gérer pour les bénévoles. « Je me bagarre pour qu'ils ne donnent pas plus que ce qui est prévu », explique Marc Esclapez, le responsable du centre. « C'est difficile de refuser. Certains sont insistants », admet Rosa, une bénévole du centre. Les produits laitiers et ceux pour bébés sont les plus convoités, « car c'est très cher ». La viande, elle, n'a pas la cote. « Ils en demandent peu, surtout pour des raisons religieuses », confie Marc Escalpez. Cette année, son centre enregistre « 30 % de bénéficiaires supplémentaires ». De plus en plus de femmes seules avec enfants. Et des hommes seuls.