Déconfinement à Paris : Après les terrasses éphémères, quatre rues passent piétonnes… Jusqu’à devenir permanentes ?

COMMERCES Les commerçants et restaurateurs des rues Quincampoix, des Fontaines-du-Temple, de Montmorency (3e arrondissement) et de la rue Biot (17e arrondissement) ont reçu le feu vert de la mairie de Paris pour piétonniser la voie publique

Romain Lescurieux

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La terrasse d'un restaurant occupant une place de livraison à Paris.
La terrasse d'un restaurant occupant une place de livraison à Paris. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
  • A ce jour et depuis l‘ouverture du dispositif début juin, la ville a reçu 109 demandes de piétonnisation de rues.
  • Si les commerçants et restaurateurs doivent se charger de monter leur dossier, ils doivent ensuite s’occuper de l’installation sur place, notamment des barrières.
  • Anne Hidalgo (PS) et David Belliard (EELV), candidats à la mairie de Paris dont les listes ont fusionné pour le second tour, veulent que ces « aménagements deviennent définitifs ».

Après les terrasses élargies et éphémères installées sur des places de stationnement aux quatre coins de Paris depuis le 2 juin, le dispositif de piétonnisation de rue, promis par Anne Hidalgo, devient également concret. Alors que les déclarations d’extension de terrasse peuvent être en effet complétées par « une demande de piétonnisation temporaire de voie », indique-t-on à la mairie, quatre rues de la capitale viennent d’obtenir ce feu vert pour une vie sans voiture.

Les rues Quincampoix, des Fontaines-du-Temple et de Montmorency dans le 3e arrondissement et la rue Biot dans le 17e peuvent désormais fermer la rue ou une partie de l’artère, du lundi au dimanche de 18 h à 22 h. Une première. Et pour cause, à Paris et dans sa région, zone la plus touchée par le coronavirus, seules les terrasses peuvent pour le moment accueillir les clients. Mais ces terrasses sont désormais plus grandes voire inédites. A quelques conditions près.

« Il ne s’agit pas d’étendre les terrasses sur la chaussée »

Cette demande de piétonnisation de rue, d’une portion de rue, d’un tronçon ou d’une impasse doit émaner d’un ou plusieurs restaurateurs et commerçants. Le dossier avec une proposition de règlement spécifique adapté à la rue doit notamment comporter la liste des commerçants concernés, un dispositif de fermeture/ouverture permettant la piétonnisation et l’accès aux véhicules de secours. Mais aussi les jours et horaires de fermeture, un dispositif de propreté et un plan d’aménagement de la rue. Le projet doit ensuite être envoyé à demande-pietonisation@paris.fr pour être instruit par la mairie de Paris et la mairie d’arrondissement. « On regarde si c’est jouable, si cette rue peut être piétonnisée », indique-t-on en mairie. Pour quelles installations concrètes à l’arrivée ?

« Cette piétonnisation vise essentiellement à apaiser la circulation dans les rues avec terrasses et à libérer de l’espace de circulation pour les piétons, il ne s’agit pas d’étendre les terrasses sur la chaussée qui doit être laissée libre d’au moins une voie pour le passage des véhicules de secours. La proposition d’aménagement temporaire doit dans tous les cas veiller au respect de la bonne circulation des piétons et parmi eux les plus fragiles, de la propreté, de la tranquillité et de la sécurité de l’espace public », indique-t-on à la mairie, sollicitée par 20 Minutes.

A ce jour et depuis l‘ouverture du dispositif début juin, la ville a reçu 109 demandes de piétonnisation de rues. A noter que si les commerçants et restaurateurs doivent se charger de monter leur dossier, ils doivent ensuite s’occuper de l’installation sur place. « Il faut fournir le matériel de barriérage pour fermer sa rue », confirme-t-on à la mairie.

Du « temporaire » pérenne ?

Ce dispositif d’extension de terrasses et de piétonnisation des rues est prévu jusqu’au 30 septembre 2020. Par ailleurs, la mairie de Paris avait reçu il y a une semaine plus de 2.500 déclarations d’extension de terrasses de la part d’établissement qui doivent en retour placarder sur leur devanture, une charte à respecter. Et désormais, d’autres rues devraient devenir piétonnes. Pour quel avenir ? Peut-on imaginer ces terrasses élargies, éphémères et ces zones piétonnes « temporaires » s’inscrire dans le futur ? « Ce serait mon rêve », répondait la semaine dernière à 20 Minutes, Marcel Benezet, président de la branche des cafés, bars et brasseries du GNI-Synhorcat. « En tout cas, ce sera l’occasion de réfléchir, mais il faudra voir avec les associations de riverains », ajoute-t-il. Anne Hidalgo, candidate à sa propre succession, laisse entrevoir un avenir sur ce sujet, à bientôt deux semaines du second tour.

Dans une tribune publiée ce jeudi sur le JDD, Anne Hidalgo (PS) et David Belliard (EELV) assurent que « l’écologie est, plus que jamais, le socle » de leur projet commun. Dans cette missive, ils mettent en avant notamment les évolutions de leur ville de demain et l’avenir des récentes transformations. « La crise nous a permis de mener des transformations rapides, avec de nouvelles rues piétonnes, des trottoirs élargis, des pistes cyclables : tous ces aménagements sont déjà plébiscités et nous voulons qu’ils deviennent définitifs », annoncent-ils dans cette tribune.