Municipales 2020 : Saint-Denis, Mantes-la-Ville, Levallois… Quelles sont les points chauds du scrutin en Île-de-France ?

POLITIQUE «20 Minutes» fait le point sur les points chaud du second tour en Ile-de-France

R.L.

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Illustration d'un vote pour un scrutin, une élection.
Illustration d'un vote pour un scrutin, une élection. — POL EMILE/SIPA

Ultime ligne droite. Alors que les candidats au second tour des municipales du 28 juin avaient jusqu’à ce mardi 18 heures pour déposer leurs listes, la campagne peut désormais reprendre. Et ce, dans un contexte inédit où plus de cent jours séparent le premier et le second tour de ce scrutin bousculé par la crise du coronavirus. A Paris, les socialistes et les Verts ont scellé un accord de coalition, mais quid des autres villes d’Ile-de-France ? 

Si les maires de Boulogne-Billancourt, Montreuil, Issy-les-Moulineaux ou encore d’Aulnay-sous-Bois ont été réélus dès le premier tour, d’autres maires sortants sont moins assurés de garder leur fauteuil. Alliances, enjeux, tractations et désillusions, 20 Minutes fait le point sur les points chaud du second tour en Ile-de-France.

Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)

Coup de théâtre. Un temps envisagée et pratiquement réalisée, l’union entre le maire sortant de Saint-Denis, Laurent Russier (PCF) et le candidat de la France Insoumise, Bally Bagayoko, ne se fera finalement pas et ce dernier ne dépose pas de liste. De quoi offrir un ticket gagnant au candidat socialiste, Mathieu Hanotin, arrivé en tête du premier tour avec 35,3 % des voix. Ce dernier pourrait également profiter d’une partie des voix du candidat LREM, qui n’est pas parvenu à se qualifier. Une chose est sûre : un autre paramètre sera également scruté de près lors du second tour, celui de l’abstention. Dans cette ville de 111.000 habitants, le premier tour a été marqué par une abstention record s’établissant à près de 70 %.

Mantes-la-Ville (Yvelines)

Un symbole. Seule ville tenue par le Rassemblement national dans la région, cette commune des Yvelines avait connu en 2014 une quadrangulaire. Un scénario qui ne sera pas le même cette année. Ces derniers jours, la candidate soutenue par les Verts et le PS Amitis Messdaghi, arrivée troisième du premier tour (17,85%), s’est retirée de la course pour faire barrage au RN, comme l'avait fait le 16 mars dernier l’autre candidat de la gauche, Romain Carbonne (14,82%). Et ce avec comme seule consigne de vote : battre le RN du Le maire sortant, Cyril Nauth arrivé en tête du premier tour avec 33,72 % des voix. Il sera en duel avec le candidat soutenu par LREM, Sami Damergy (27,22%).

Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis)

La gauche désunie. A Saint-Ouen, où le maire sortant, William Delannoy (UDI) est arrivé en tête au premier tour avec 25,65 % des voix, deux listes de gauche se font face et espèrent l’alternance. D’un côté se trouve Karim Bouamrane (PS, EELV) et de l’autre, Denis Vemclefs qui a fait une alliance avec l’ancienne maire de la ville, Jacqueline Rouillon pour une liste soutenue par le PCF et LFI. Mais cette division entre la gauche va-t-elle les mener à leur perte ? Les chiffres du premier tour promettent un certain suspense.

Levallois (Hauts-de-Seine)

Des ombres planent. Malgré leur condamnation fin mai à 5 et 4 ans de prison ferme pour blanchiment de fraude fiscale, Patrick et Isabelle Balkany entendent encore peser à leur manière sur le destin de Levallois. Dans la commune, où s’affrontent trois listes, l’équipe sortante, menée par Agnès Pottier-Dumas (LR-UDI) est violemment désavouée par les Balkany. Patrick Balkany menace même d’appeler à voter Arnaud de Courson (DVD), son ennemi juré, arrivé second au premier tour et qui a fait une alliance avec la candidate LREM, Maud Bregeon, tout en rejetant avec force le patronage de l’ancien maire. « Le rassemblement je suis d’accord, mais qu’il se fasse autour de Patrick Balkany je le suis beaucoup moins », a insisté Maud Bregeon. Par ailleurs, cette alliance a reçu le soutien d’Edouard Philippe en personne afin de créer « une alternative » au « système Balkany ».

Et aussi : Suresnes, Colombes, Aubervilliers, Argenteuil

La dernière ligne droite des municipales pourrait encore réserver son lot de surprises et d’émotions. A Colombes, le candidat LREM du premier tour, ancien adjoint à la mairie, est finalement revenu auprès de la maire sortante (LR). Pas de happy end en revanche à Suresnes, où aucune alliance n’a été trouvée. A Aubervilliers, deux listes de gauche affronteront une liste de droite arrivée en tête au premier tour. Enfin, à Argenteuil, c’est aussi une triangulaire qui animera le second tour.