Municipales 2020 à Paris : « Elle souhaite mener son combat », Agnès Buzyn annonce qu’elle se maintient dans la bataille

POLITIQUE Si l’annonce de son maintien pour le second tour rassure, il ne règle pas tout, selon des marcheurs parisiens

Romain Lescurieux

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Agnès Buzyn, candidate LREM, à la mairie de Paris
Agnès Buzyn, candidate LREM, à la mairie de Paris — SIPA PRESS
  • Agnès Buzyn, arrivée en troisième position au premier tour, a annoncé ce mardi le maintien de sa candidature pour LREM pour le deuxième tour des municipales à Paris.
  • Elle a assuré être « déterminée », lors d’une réunion avec ses têtes de listes.
  • Pour certains marcheurs, son maintien rassure mais ne règle pas tous les problèmes.

Elle avait disparu des radars jusqu’à semer le doute et quelques inquiétudes dans les rangs des marcheurs parisiens. Ira-t-elle jusqu’au bout ? Après sa débâcle au premier tour avec 17,3 % des voix et ses sorties controversées dans Le Monde au sujet des élections et de la campagne, la candidate LREM, Agnès Buzyn, était murée dans le silence. Elle avait même annulé ce mardi matin un rendez-vous avec ses têtes de liste. Finalement, le dénouement a eu lieu en début d’après-midi.

L’ex-ministre de la Santé a appelé ses têtes de liste pour confirmer qu’elle restait la candidate officielle du parti de la majorité présidentielle pour la bataille parisienne. « Elle nous a dit qu’elle était une candidate déterminée à porter la voix de la majorité présidentielle tout en représentant une alternative à Anne Hidalgo. Elle souhaite mener son combat. Elle a travaillé le projet. Un projet qui s’adapte à la crise sanitaire, l’arrivée du déconfinement et sa gestion économique et sociale », détaille auprès de 20 Minutes  Pierre-Yves Bournazel, le candidat d’Agnès Buzyn (LREM) dans le 18e arrondissement.

Cette annonce intervient à un mois du second tour et après une campagne chaotique dans la capitale pour En Marche, dans un contexte inédit où plus de cent jours séparent le premier et le second de ce scrutin. La fin d’un chemin de croix ?

« Un cauchemar »

Du doute sur la crédibilité du candidat Benjamin Griveaux au K.O après l’affaire de la publication de vidéos intimes, du retour de l’espoir avec l’arrivée d’Agnès Buzyn à ses déclarations explosives, en passant par son faible score du premier tour… Les marcheurs parisiens sont passés par toutes les émotions, ces derniers mois. Appelée pour reprendre la campagne de Benjamin Griveaux, Agnès Buzyn a démissionné du ministère de la Santé le 16 février dernier. Lors de la passation de pouvoir, elle est en larmes. Mais tente de garder la face.

« J’ai pu m’engager pleinement dans les municipales en quittant un ministère où j’ai réglé de nombreux dossiers : le dossier hôpital était derrière moi et, concernant le coronavirus, j’ai anticipé l’épidémie en préparant le système de soins », dira-t-elle en interview à 20 Minutes fin février, avant de tout cracher quelques semaines plus tard, à l’occasion d’un entretien au Monde, dans les premiers jours du confinement. « Depuis le début je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. La dernière semaine a été un cauchemar. J’avais peur à chaque meeting. J’ai vécu cette campagne de manière dissociée ». Après avoir remis sa blouse médicale à l’hôpital Percy à Clamart durant la crise sanitaire, elle est désormais de retour dans la campagne. Pour tenter de sauver quels meubles ?

« Ça enlève une épine mais pas l’épée de Damoclès »

« A Paris, Agnès Buzyn sera au second tour une candidate engagée, déterminée et combative pour porter une troisième voie, notre capitale mérite mieux qu’un duel entre les deux vieux clivages. Le progressisme de la majorité présidentielle doit avoir toute sa place à Paris », a réagi Julien Bargeton, sénateur LREM de Paris. « Nous sommes rassemblés autour de la démarche de notre candidate pour offrir une alternative solide et crédible à la gestion d'Anne Hidalgo. Il y a un espace et une attente entre Hidalgo et Dati », abonde Pierre-Yves Bournazel.

Mais l’annonce de son maintien ne rassure pas tout le monde. « Son maintien ne règle pas le problème. Ça enlève une épine du pied mais ça ne retire pas l’épée de Damoclès que nous avons au-dessus de la tête », souffle-t-on dans les rangs des marcheurs parisiens, sollicités par 20 Minutes. Un autre abonde. « Désormais, l’enjeu c’est de maintenir des mairies et ramener des élus pour exister au conseil de Paris et faire exister nos idées, qui sont celles de nombreux Parisiens ». Pour LREM, les 5e et 9e arrondissements sont notamment des zones à enjeux.