Corovanirus à Paris : 200 millions mis sur la table pour relancer l’économie dans la capitale ?

ECONOMIE Le Conseil de Paris s’ouvre ce lundi avec un plan de relance de l’économie parisienne soumis au vote. L’opposition de droite comme de gauche regrette l’absence de certains pans de la société dans ce plan

Romain Lescuieux
L’hémicycle du Conseil de Paris à l'hôtel de ville.
L’hémicycle du Conseil de Paris à l'hôtel de ville. — Tristan Reynaud/SIPA
  • La ville de Paris va présenter un plan de soutien à l’économie « qui représente un engagement financier de près de 200 millions d’euros ».
  • Les élus de droite critiquent un plan qui n’est pas « à la hauteur de la situation ». A l’extrême gauche, on entend défendre les familles et les locataires parisiens.
  • Ce débat sur le plan de relance de l’économie parisienne, qui devrait cristalliser les tensions, va également se dérouler sur fond d’élections municipales inachevées.

Une séance très particulière. Ce lundi s’ouvre un Conseil de Paris, qui respectera bien entendu les gestes barrières, mais qui sera aussi très raccourci. Durant cette séquence, une délibération soumise au vote devrait être amplement débattue : Le plan de relance économique de la capitale. L’exécutif veut mettre sur la table 200 millions d’euros à destination des entreprises, des acteurs économiques, des commerçants, avec notamment des réductions de taxes, de charges ou de loyers. Les milieux associatifs, culturels et du tourisme seront également concernés par ce plan de bataille.

« Afin de maintenir la diversité et la richesse du tissu économique, d’appuyer la reprise d’activité et de limiter les effets de la crise, face au risque de fermetures d’activités et d’augmentation des demandeurs d’emploi, la ville de Paris lance un plan global et ambitieux de soutien qui représente un engagement financier de près de 200 millions d’euros », note-t-on à l’Hôtel de ville. En tout, la facture liée à l’épidémie du Covid-19 pourrait s’élever dans la capitale à près de 600 millions d’euros avec une perte d’activité estimée à -37,5 %, précise-t-on. Mais le plan d’aide mis en avant ce lundi par l’exécutif parisien est d’ores et déjà dénoncé par de nombreux opposants à  la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Pas « à la hauteur de la situation »

« L’ordre du jour de ce Conseil a suscité d’intenses débats avec la maire de Paris, qui aurait voulu en limiter l’ambition à l’adoption de quelques subventions ordinaires. Les élus du groupe LRI [Les Républicains et Indépendants] ont souhaité que ce Conseil de Paris soit l’occasion d’adopter un plan de soutien et de relance exceptionnel et global, à la hauteur du traumatisme humain, économique et social que subissent les Parisiens et Paris », attaquent d’emblée les élus représentés par leur cheffe de file, Marie-Claire Carrère-Gée.

Selon eux, ce Conseil de Paris « n’est malheureusement pas l’occasion d’adopter une stratégie exceptionnelle de relance économique et sociale générale, concertée, détaillée, opérationnelle et dotée des moyens budgétaires et matériels à la hauteur de la situation ». Dans leur vœu, que 20 Minutes a pu consulter, ils souhaitent notamment l’exonération des loyers des locaux commerciaux gérés par les bailleurs sociaux de la Ville pour les mois de reprise d’activité (de mai-juin jusqu’à septembre inclus) et ceux, qui ont subi une perte d’exploitation du fait du confinement (période du 17 mars-11 mai et jusqu’à fin septembre), ou encore l’exonération des pénalités de retard pour les entreprises sous contrat avec la Ville pendant la période du confinement. Toutefois, les élus de droite n’avancent aucun chiffre pour leur plan, qui doit selon eux, être mis en place « sous dix jours ».

Le candidat d’Agnès Buzyn (LREM), dans le 18e arrondissement, Pierre-Yves Bournazel (groupe 100 % Paris) souhaite de son côté un plan « plus volontariste » avec par exemple « l’ouverture dominicale des commerces volontaires ». L’exécutif devrait néanmoins obtenir le soutien des écologistes pour faire passer son plan. Mais dans d’autres rangs de la gauche, des voix s’élèvent aussi.

Le second tour des municipales en toile de fond ?

« Une seule nouvelle délibération liée à la crise du Covid-19 nous est présentée, concernant le plan de soutien en direction des acteurs économiques, associatifs et culturels. Aucune mesure n’est soumise au vote pour répondre à la crise sociale subie par les familles », déplore de son côté Danielle Simonnet (LFI) qui entend défendre ce lundi les locataires parisiens, avec « l’instauration immédiate d’un moratoire de 6 mois sur les loyers, l’exonération de loyers pour les personnes ayant perdu tout revenu et diminution correspondant aux pertes de revenus pour les autres. », ajoute-t-elle.

Mais ce débat sur le plan de relance de l’économie parisienne, qui devrait cristalliser des tensions, va se dérouler sur fond d’élections municipales inachevées. En mars dernier, lors du premier tour, Anne Hidalgo a obtenu 29,33 % des suffrages, suivie de Rachida Dati avec 22,72 %. Alors que le second tour reste toujours en suspens, Anne Hidalgo et 35 maires d’autres villes de France ont signé une tribune parue dans le Journal du Dimanche, pour demander la tenue du second tour en juin. Un sujet qui pourrait également s’inviter dans les discussions sur les bancs du conseil de Paris.