Coronavirus : Des caméras thermiques installées à l’aéroport de Roissy pour détecter le Covid-19

CHAUD DEVANT La température est ensuite confirmée par un thermomètre sans contact

G. N. avec AFP

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L'aéroport de Roissy, ici le 12 mai 2020, s'est doté de caméras infrarouges pour détecter de potentiels cas de coronavirus.
L'aéroport de Roissy, ici le 12 mai 2020, s'est doté de caméras infrarouges pour détecter de potentiels cas de coronavirus. — Francois Mori/AP/SIPA

Des caméras thermiques ont été déployées à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle (CDG) pour détecter à leur arrivée d’éventuels porteurs du Covid-19, a annoncé mercredi ADP, le gestionnaire de l’aéroport. La caméra permet d’identifier dans le flot de voyageurs, après récupération de leurs bagages, les passagers présentant une température supérieure à 38 degrés, en marquant le contour du visage, flouté, d’un cadre rouge. La température est ensuite confirmée avec un thermomètre sans contact et le voyageur conduit au service médical d’urgence de l’aéroport où son éventuelle contamination pourra être testée.

ADP a acheté 12 caméras de ce type déployées dans un cadre fixé par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil)​ « pour convaincre chacun que le transport aérien est un transport sûr », a commenté le directeur exécutif de Groupe ADP Edward Arkwright. « La sécurité sanitaire c’est la succession de mesures de contrôle, de vigilance qui permet de créer un environnement contrôlé et de confiance », a expliqué le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari au cours d’une visite de l’aéroport.

Un trafic aérien au plus bas

Quarante distributeurs sans contact de gel hydroalcoolique ont été installés dans l’aéroport, où le port du masque est obligatoire. Partout des marquages au sol invitent les voyageurs à garder les distances entre eux. Aux postes d’inspection filtrage, les palpations sont limitées au strict minimum et les bacs, réservés aux effets des voyageurs, sont systématiquement désinfectés.

« J’ai demandé à Air France d’être extrêmement vigilant » sur le taux de remplissage des avions, aujourd’hui de 45 à 50 % sur le court et le moyen-courrier et d’à peu près 30 % sur le long-courrier, a expliqué Jean-Baptiste Djebbari, alors que la question de la distanciation entre passagers aériens fait polémique. « Ça, c’est aujourd’hui la protection sanitaire dans le contexte fragile qu’on connaît. Demain il faudra qu’on s’accorde sur les éléments sanitaires pour la reprise » du trafic, a-t-il poursuivi.

Le trafic aérien s’est effondré depuis le mois de mars au fur et à mesure des fermetures de frontières pour éviter la propagation du virus. A Paris, ADP a fermé l’aéroport du sud de la capitale Orly et a regroupé toute l’activité à CDG où le trafic reste extrêmement faible. Les terminaux 1, 3, 2C, 2D et 2G y ont été fermés et les vols transférés vers les terminaux 2E, 2F et 2A. Mercredi, 8.000 passagers ont été accueillis à CDG contre 300.000 précédemment pour les deux aéroports pour une journée normale (dont 100.000 à Orly).