Les panneaux sont dans le métro

TRANSPORTS La RATP passe à l'ère Minority report. La régie de transports a présenté hier à la station Etoile ses quatre premiers mobiliers publicitaires numériques. Des écrans plats LCD haute définition Samsung de 70 pouces qui diffusent des images animées ...

Alexandre Sulzer

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A la station Etoile, les écrans LCD s'affichent.
A la station Etoile, les écrans LCD s'affichent. — S. POUZET / 20 MINUTES

La RATP passe à l'ère Minority report. La régie de transports a présenté hier à la station Etoile ses quatre premiers mobiliers publicitaires numériques. Des écrans plats LCD haute définition Samsung de 70 pouces qui diffusent des images animées sans son. Et qui prendront la place des actuels panneaux pub lumineux. Le déploiement s'annonce massif : dès la fin du premier semestre 2009, 400 mobiliers doivent être installés dans la centaine de stations métro et RER les plus fréquentées.

Avec 4 ordinateurs intégrés, chaque panneau est dit «intelligent». Deux capteurs vidéo comptent, dans un champ visuel de 140 degrés, le nombre de «contacts visuels». Les annonceurs peuvent donc savoir combien de fois leur affiche a été regardée, dans quelle partie (haut, bas...) et surtout, à quelle heure. De quoi cibler parfaitement la clientèle souhaitée. D'autant que, dans un second temps, le panneau devrait donner également des informations sur l'âge et le sexe des passants réceptifs à la campagne. «Sous prétexte que les données restent anonymes, les annonceurs collectent de plus en plus d'infos pour optimiser l'impact de leur pub», s'alarme Nicolas Hervé, membre du collectif anti pub des Déboulonneurs. Autre inquiétude : l'aspect potentiellement intrusif de la technologie bluetooth qui permettra, en approchant son téléphone portable du panneau, de télécharger bandes-sons, sonneries ou toute autre forme de support publicitaire. «La démarche restera volontaire de la part du consommateur», tente-t-on de rassurer côté Metrobus. Maurice Lévy, PDG de Publicis, l'actionnaire principal, lui, y voit surtout un intérêt commercial : «l'affichage numérique crée un lien plus étroit entre le produit et le consommateur, il permet des créations pub plus riches.» Ce qui devrait permettre à Metrobus de capter de nouveaux annonceurs, notamment sur le marché du luxe. Parfums et haute couture étaient jusqu'alors frileux à l'idée de descendre communiquer dans les couloirs du métro.