Le procès d'une « bêtise d'ados » irrattrapable

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L'incendie d'une boîte aux lettres avait tué dix-huit habitants d'une tour, dans la nuit du 3 au 4 septembre 2005, allée du Stade à l'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne). Le feu n'avait pas été violent mais avait engendré des fumées épaisses, provoquant l'asphyxie des victimes qui ont tenté de fuir. Quatre jeunes filles, alors âgées de 15 à 18 ans, au casier vierge, avaient été mises en examen pour homicide involontaire. Trois comparaissent aujourd'hui et jusqu'au 19 décembre, devant la cour d'assises des mineurs de Créteil, pour « destruction volontaire par incendie ayant entraîné la mort ». La quatrième, qui n'avait pas 16 ans lors du sinistre, sera jugée ultérieurement devant le tribunal pour enfants.

Les faits ne sont pas contestés. L'enquête révèle que les adolescentes ont agi pour se venger d'une amie qui habitait l'immeuble. « Une bêtise d'ados dans un contexte de tu m'embêtes alors je t'embête, rien à voir avec l'ampleur du drame », explique Yolaine Bancarel-Lancien, avocate d'une des accusées soupçonnée d'avoir fait le guet. Agée de 20 ans, elle a été incarcérée pendant sept mois avant de faire l'objet d'un placement. « Elle est en souffrance et redoute de devoir affronter le regard des victimes. »

Autre problématique : la conformité de l'immeuble. Deux expertises pointent du doigt des dysfonctionnements : matériaux inflammables dans le hall, ventilation vétuste, ascenseur resté ouvert... Le bailleur social, 3 F, assure que l'immeuble était conforme le jour du sinistre.

Charles Centofanti