Incendie à Notre-Dame de Paris : Un an après, où en sont les opérations de dépollution du plomb ?

SOCIETE Le chantier de Notre-Dame de Paris et les opérations de dépollution du plomb sont à l'arrêt en raison de la crise du coronavirus. Mais où en est la situation sanitaire un an après l'incendie? 

Romain Lescurieux

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Notre-Dame de Paris, le 9 juillet 2019.
Notre-Dame de Paris, le 9 juillet 2019. — AFP
  • La dépollution du parvis de Notre-Dame a notamment été stoppée par la crise du coronavirus.
  • « De nouvelles mesures seront réalisées prochainement pour assurer l’ouverture du parvis dès que le confinement sera levé », indique la mairie de Paris à 20 Minutes.
  • Néanmoins, pour certaines associations le danger du plomb à l’intérieur et à l’extérieur du monument reste réel.

A l’arrêt. Depuis le 16 mars, le chantier de Notre-Dame de Paris est mis en sommeil en raison de la crise du coronavirus. Tout comme les opérations de dépollution. Car il y a un an, dans la nuit du 15 au 16 avril, l’incendie de Notre-Dame de Paris, qui a ravagé une partie de l’édifice, est aussi à l’origine d’une pollution au plomb aux environs de la cathédrale. Plusieurs centaines de tonnes de plomb contenues dans la charpente de la flèche et la toiture ont fondu et se sont volatilisées sous forme de particule dans l’atmosphère et au sol, entre les pierres et aux abords du monument.

Des taux de concentration au plomb 400 à 700 fois supérieurs au seuil autorisé avaient été relevés sur les sols à l’intérieur et aux alentours de Notre-Dame après l’incendie, selon des documents confidentiels publiées en juillet par Mediapart. Dans un communiqué, l’Agence régionale de santé (ARS) estimait alors que ces analyses n’étaient pas alarmantes. Mais des associations et riverains sont très vite montés au créneau. Des enfants du quartier ont notamment présenté des taux supérieurs au seuil de déclaration obligatoire. Et le chantier avait été interrompu durant trois semaines l’été dernier en raison des risques de contamination. Un an après les flammes et après les polémiques des premiers mois, la préoccupation de la contamination au plomb semble désormais largement apaisée, note l’AFP.

« La résine a très bien fonctionné et a recouvert la pollution au plomb »

De nombreuses opérations de dépollution ont été menées dans les crèches et écoles du secteur. Avec la mise en sommeil du chantier, l’Établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, contacté par 20 Minutes, assure avancer sur les prochaines étapes de la sécurisation et reconstruction : principalement la dépollution au plomb au sein même de la cathédrale. Enfin, l’autre entreprise d’ampleur reste aussi l’opération de dépollution du parvis de Notre-Dame afin de le rendre de nouveau accessible aux visiteurs.

Avant la crise du coronavirus, la mairie de Paris était en train de travailler à la dépollution du parvis et avait l’ambition de le rouvrir rapidement. Mais le travail est de taille. Des particules sont en effet insérées en profondeur dans le parvis. Un nettoyage à l’ultra-haute pression a déjà été mené mais l’application d’une résine à froid transparente a été retardée par le coronavirus. Avant l’épidémie et le confinement, tous les voyants semblaient toutefois être au vert pour que le parvis rouvre à Pâques. « Les questions de plomb sont à 95 % levées », assure Mgr Benoist de Sinety, vicaire général de l’archidiocèse.

« La résine a très bien fonctionné et a recouvert la pollution au plomb. Des mesures sur 15 points ont été effectuées au début du mois de mars. La moyenne de ses 15 points est inférieure à l’objectif seuil de 1000µg/m². Le confinement a stoppé cette campagne d’investigation, mais de nouvelles mesures seront réalisées prochainement pour assurer l’ouverture du parvis dès que le confinement sera levé », explique-t-on à la mairie de Paris, contacté par 20 Minutes. L'Agence régionale de santé (ARS) devra donner un avis favorable ou défavorable pour une réouverture définitive du parvis de Notre-Dame. Contactée, l’ARS n’a pas répondu à nos sollicitations. Mais pour certaines associations le danger du plomb à l’intérieur et à l’extérieur du monument reste réel.

« Ça me scandalise »

« Nous n’avons pas accès aux derniers chiffres, aux derniers prélèvements notamment à l’intérieur du chantier. La transparence n’est toujours pas totale sur ce dossier », déplore Mathé Toullier, présidente de l’Association des familles victimes du saturnisme (AFVS). Sollicitée par 20 Minutes, elle précise : « Il y a encore un danger. Tout laisse à penser qu’il reste beaucoup de plomb, notamment des poussières dans le monument. Et Il aurait fallu une mise sous cloche de ce chantier pour éviter une propagation. Aujourd’hui de voir qu’il y a une cérémonie à l’intérieur me scandalise, car cette poussière va se propager », conclut-elle.

Le diocèse de Paris a en effet annoncé la semaine dernière une série de dispositifs pour les célébrations de Pâques dans une cathédrale en chantier et en pleine crise du coronavirus. Sept personnes, des religieux et trois artistes, ont observé un « temps de méditation » ce vendredi, jour du Vendredi Saint pour les catholiques.  Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, a notamment vénéré la Sainte Couronne d’épines au cœur de la cathédrale.