Coronavirus à Paris: Fermés ou pas ? Les marchés de la capitale marchent sur la tête

IMBROGLIO Les marchés de plein air à Paris sont pour l’instant ouverts mais pourraient être fermés, mais ce n’est pas sûr

Guillaume Novello
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Un marché parisien jeudi 19 mars.
Un marché parisien jeudi 19 mars. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
  • La mairie de Paris a maintenu ouvert ses marchés de plein air malgré les mesures de confinement.
  • Le ministre de la Santé, Olivier Véran, poussait mercredi pour une fermeture des marchés trop fréquentés.
  • La mairie a annoncé ce jeudi de nouvelles mesures pour faire respecter les distances entre chaque clients.

C’est devenu un micmac improbable. A force de déclarations contradictoires, on ne sait plus trop si les marchés parisiens de plein air sont maintenus ou non, en raison des mesures de confinement pour lutter contre l’épidémie de coronavirus. 20 Minutes vous fait un petit récap' pour tenter d’y voir plus clair.

Dès mardi 14h, soit deux heures après le début de mise en œuvre des mesures de confinement décidées par le gouvernement, la mairie de Paris envoie un communiqué où elle précise que « les marchés alimentaires demeurent ouverts ». « J’ai demandé que des consignes très strictes d’espacement des étals soient respectées », ajoutait d’ailleurs Anne Hidalgo. « La ville de Paris a mis des règles strictes, 2 m entre les étals, 1 m entre les clients, indique la municipalité, jointe par 20 Minutes. Et les effectifs de la DPSP [Direction de la prévention, de la sécurité et de la protection, sorte de police municipale] sont déployés pour faire respecter les règles. »

Olivier Véran plutôt pour une fermeture

Pour la mairie de Paris, l’ouverture des marchés se justifie car « ce sont des commerces d’alimentation et de première nécessité et que tous les magasins sont ouverts et pourtant ce sont des lieux fermés. » Interrogé par l’AFP, un cadre de la mairie de Paris ajoutait : « On ne va pas fermer les marchés parisiens. Dans les quartiers populaires, les gens ne sont pas partis, et une partie [d’entre eux] ne vont pas aux supermarchés parce que c’est trop cher ».

Sauf que dès mercredi matin, invité sur LCI, Olivier Véran, le ministre de la Santé, affirme que « les marchés où on va chercher à manger doivent pouvoir continuer de fournir de la nourriture aux personnes » amis que « ceux où l’on voit des foules, les marchés qui ont beaucoup d’étals, les marchés où il y a autre chose que de l’alimentaire sont amenés à fermer ». Mais alors, des marchés parisiens sont-ils concernés ?

Castaner au soutien d'Hidalgo

Pour la mairie de Paris, non, puisque mercredi après-midi, dans un nouveau communiqué, elle indique que « pour continuer à permettre les courses en produits frais des Parisiennes et des Parisiens, les marchés alimentaires demeurent ouverts, dans le respect de strictes consignes d’espacement des étals et de respect des gestes barrière ». Situation inchangée donc.

Ce jeudi matin, c’est au tour de Christophe Castaner d’affirmer sur Europe 1 qu’il « faut que les marchés restent ouverts pour que les Français puissent s’alimenter ». Le ministre de l’Intérieur, qui conforte ainsi la position de la mairie de Paris, précise néanmoins qu’il faut « faire en sorte que les marchands non sédentaires qui ne vendent pas de produits alimentaires ne soient plus accueillis sur les marchés. »

La mairie serre la vis

Enfin ce jeudi après-midi, dans un nouveau communiqué, la mairie de Paris serre un peu la vis. Il faut dire qu’entre-temps, des images et vidéos ont été publiées sur les réseaux sociaux montrant une forte fréquentation du marché de Barbès la veille, au mépris, semble-t-il des règles de protection. La municipalité annonce donc que « l’examen de mesures complémentaires a été mis à l’étude entre les services de la Mairie, de la Préfecture de Police et les responsables de chaque marché parisien pour améliorer le dispositif de contrôle à l’entrée des marchés les plus fréquentés, notamment dans le nord-est de Paris, et mieux faire respecter les distances entre chaque client. »

Un rappel à l’ordre assorti d’une menace pas vraiment voilée. « Si cet appel à la responsabilité ne porte pas ses fruits, le Préfet de Police sera amené à prendre toutes les mesures utiles », précise le communiqué. Donc fermer les marchés de plein air ? « On ne va pas vous parler de fermeture aujourd’hui, on n'en est pas là, précise la mairie de Paris. Pour l’instant, on veut faire appliquer la règle qui est émise, après, on se réserve tous les droits, il y a encore de la marge. »

De leur côté, less primeurs, maraîchers, poissonniers, fromagers, bouchers, traiteurs ambulants présents sur les marchés ont demandé solennellement jeudi aux maires de France de maintenir les marchés alimentaires de rue. Dans un communiqué intitulé « non à la Fermeture des Marchés! », les commerçants qui chaque jour animent les marchés de rue « alertent » tous les maires du pays à qui ils demandent de « ne pas fermer » leurs marchés, étant donné que l'alimentation des populations confinées est placée au premier rang des priorités de l'Etat avec la santé.

« Nous rappelons que maintenir l'activité des commerces alimentaires sur les marchés permet de désengorger les grandes et moyennes surfaces actuellement prises d'assaut (...) d'aider les populations les plus fragiles et les plus isolées à se nourrir près de chez elles, et contribue également au maintien de l'activité des filières alimentaires de produits frais » indiquent huit fédérations de commerçants liés aux marchés en France.