Coronavirus : A Paris, la RATP sous la menace d’un droit de retrait

PREVENTION Les syndicats réclament des mesures plus poussées tandis que la direction assure respecter les recommandations du gouvernement

Guillaume Novello

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Le syndicat Unsa réclame une adaptation du plan de transports à la RATP pour faire face au coronavirus.
Le syndicat Unsa réclame une adaptation du plan de transports à la RATP pour faire face au coronavirus. — MARTIN BUREAU / AFP
  • Plus de 200 cas de coronavirus ont été recensés en France ce mardi.
  • Face à cette menace, la RATP indique suivre la situation avec attention et mettre en place les recommandations du gouvernement en matière de prévention.
  • Pour l’Unsa, le syndicat majoritaire à la RATP, cela ne suffit pas. Il réclame des mesures supplémentaires au risque de voir augmenter les cas de droit de retrait.

A mesure que les cas de coronavirus augmentent en France, l’inquiétude monte au sein des transports publics franciliens. Ce mardi matin, une cinquantaine de membres du GPSR, le service de sécurité de la RATP, a exercé pendant quelques heures son droit de retrait pour obtenir du gel hydroalcoolique. Une situation confirmée par l’entreprise, qui relève que « cela n’a eu aucun impact sur le trafic ».

Face au risque, elle assure être « très vigilante quant à l’évolution de la situation », et « se tient en alerte et en mesure de mettre en œuvre rapidement, si nécessaire, son plan de continuité d’activité. »

L’entreprise de transports ajoute qu’une « information est également faite régulièrement aux salariés » et qu’elle est « en lien permanent avec le ministère de la Santé et la Direction générale de la santé. » Et depuis mardi après-midi, « le message des autorités sanitaires sur le réseau [est diffusé] via des affiches en stations et en gares et sur le réseau de bus et tramways, et via des messages sonores ».

Le risque d’une multiplication des droits de retrait

Pour Laurent Djebali, secrétaire général de l’Unsa-RATP, cela n’est pas suffisant. « Aujourd’hui, la RATP suit les recommandations du gouvernement mais ne va pas plus loin, et ce sentiment qu’elle donne est un sentiment qui ne rassure pas les salariés, expose-t-il. A l’Unsa [majoritaire], on a demandé d’aller un petit peu plus loin, notamment pour obtenir des gants jetables, des lingettes et des masques afin d’intervenir dans des situations dégradées comme des malaises voyageurs. » Laurent Djebali réclame également une adaptation du plan de transports car il y a aujourd’hui « des grandes stations qui accueillent beaucoup plus que 5.000 personnes, comme à Saint-Lazare ou Châtelet ».

Lundi, le syndicat a déposé une demande au C2SCT (Commission santé sécurité et conditions de travail) et attend des réponses de la direction, que celle-ci « rassure les salariés ». « On sait que ce n’est pas encore la pandémie mais on ne veut pas attendre la pandémie pour se préparer, on veut sentir près de nous une entreprise concernée, proche de ses salariés », indique Laurent Djebali. Dans le cas contraire, « on déposera un droit d’alerte et les agents décideront, on n’est pas à leur place, mais je pense vraiment que les droits de retrait vont se multiplier. » Le syndicaliste relève ainsi que lundi, deux salariés sur la ligne 13 et un sur la 11, ont exercé leur droit de retrait.

Du côté de la RATP, on rappelle que « pour exercer son droit de retrait, il faut un danger grave et imminent ». Or « dès lors que l’employeur respecte les consignes du gouvernement, la portée du droit de retrait est très réduite », indique l’entreprise. Enfin dans le cadre d’un éventuel passage au stade 3 de l’épidémie, le secrétaire d’Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a envisagé des « restrictions » dans les transports publics. Néanmoins, l’entreprise ne sait pas à l’heure actuelle si ce passage au stade 3 aura un impact sur la circulation, attendant les mesures des pouvoirs publics.

Et pour l’Ile-de-France ?

Tout comme à la RATP, chez Ile-de-France Mobilités, « on est attentifs aux évolutions de la situation en lien avec les autorités sanitaires, les entreprises de transport ». Aujourd’hui, il n’y a « aucune restriction de circulation demandée par l’Etat ». IdF-Mobilités précise également « relayer les consignes des autorités sanitaires sur les mesures de prévention, sur les gestes barrières, dans les gares, stations et écrans des trains. » Par, ailleurs sur la journée de mardi, « sur l’ensemble des lignes de grande couronne, environ 10 % des salariés ont fait valoir leur droit de retrait ».