La Seine-et-Marne revient à 90 km/h sur les routes secondaires

SECURITE ROUTIERE Dans ce département francilien, la vitesse devrait être réhaussée sur 459 kilomètres de route 

C.Po.

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La Seine-et-Marne repasse une partie de son réseau secondaire à 90 km/h (illustration)
La Seine-et-Marne repasse une partie de son réseau secondaire à 90 km/h (illustration) — SEBASTIEN BOZON / AFP
  • La loi d’orientation des mobilités autorise depuis le 26 décembre les conseils départementaux à revenir aux 90 km/h.
  • Le premier panneau 90 en Seine-et-Marne sera installé mardi à Provins.
  • Deux commissions sont organisées ce mois-ci mais ne devraient pas changer l’issue du projet.

L’expérimentation aura duré à peine un an et demi. Dès mardi, un panneau 90 km/h refera son apparition en Seine-et-Marne, précisément sur la D231, au niveau de la commune de Provins. Le premier d’une longue série. Dans les semaines à venir, près de 700 autres seront installés sur 21 routes du département. « La circulation est relativement faible sur ce premier segment mais d’ici à la fin du mois de mars la vitesse sera rehaussée sur des axes structurants », assure Patrick Septiers, le président (UDI) du conseil départemental. Les 459 kilomètres de routes qui repasseront à 90 km/h (sur les 3.000 actuellement concernés par les 80 km/h) drainent, selon département, les deux tiers du trafic.

Depuis fin décembre, la loi d’orientation des mobilités permet aux conseils départementaux de déroger à la la règle des 80 km/h sur des axes à double sens et sans séparateur central. Dès la mi-janvier, la Seine-et-Marne a affiché son intention de revenir sur la loi de juillet 2018. « Quand on regarde l’accidentologie sur les secteurs dont on va rehausser la vitesse, on se rend compte que cette expérimentation n’a pas été concluante », indique le président du conseil départemental. Pire, selon lui, le passage aux 80 km/h aurait entraîné une forte augmentation des comportements à risque. Le nombre de conducteurs en infraction serait ainsi passé de 23 % à 47 %. Sur certaines routes départementales, jusqu’à 92 % des conducteurs roulent à plus de 80 km/h, assure le département dans un communiqué.

Un bilan de la Sécurité routière contrasté en Seine-et-Marne

Contrairement au bilan national qui met en lumière un effet immédiat de cette réforme – 206 vies ont été sauvées au cours de sa première année d’exploitation –, le bilan de la Sécurité routière en Seine-et-Marne, bien qu’il ne concerne pas uniquement le réseau secondaire, est plus contrasté. En 2019, 1.017 accidents ont été recensés, soit 59 de plus qu’en 2018. Si le nombre de tués sur les routes est en très légère baisse, 71 en 2019 contre 73 l’année précédente, celui des blessés a, lui augmenté (1.392 contre 1.311). « La vitesse n’est pas l’unique motif d’accidents de la route, insiste Patrick Septiers. Dans de nombreux cas, l’alcool, le téléphone ou le non-respect de règles de base sont en cause. »

Une première commission départementale –réunissant notamment des représentants de l’Etat, du département, des maires, des organisations professionnelles et des associations d’usagers– se réunira ce lundi pour se prononcer sur ce retour à 90 km/h, d’abord sur les routes peu fréquentées. Une seconde réunion aura lieu dans le courant du mois pour les axes très fréquentés. Mais leur avis n’est que consultatif et ne devrait pas changer l’issue du projet. « On s’attend à avoir un avis négatif, on sait que c’est une consigne implicite du gouvernement, lâche le président du conseil départemental. On sera à l’écoute des suggestions, si des ajustements pertinents sont proposés on les prendra bien évidemment en compte. » Reste que cette mesure a un coût et non des moindres : en juillet, Patrick Septiers confiait à 20 Minutes que ce retour à 90 km/h pourrait coûter jusqu’à 500.000 euros.