Paris : Des travailleurs sans papiers occupent les futurs locaux du « Monde »

MANIFESTATION Ces employés réclament leur régularisation ainsi qu'une hausse des salaires

20 Minutes avec AFP

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Paris le 19 janvier 2012. Bd Auguste Blanqui. Locaux actuels du journal Le Monde.
Paris le 19 janvier 2012. Bd Auguste Blanqui. Locaux actuels du journal Le Monde. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Le futur siège social du journal Le Monde au cœur d’une polémique avant même son occupation. Une cinquantaine de travailleurs sans papiers occupaient ce jeudi pacifiquement le chantier du nouveau siège, près la gare d’Austerlitz (13e arrondissement), réclamant régularisation et hausse de salaires. Principalement originaires du Mali mais aussi du Sénégal, de Guinée et de Côte d'Ivoire, les salariés travaillent pour deux sous-traitants d’Eiffage, CICAD et Golden Clean, en charge des travaux. Les employés des autres sous-traitants au projet continuaient à travailler dans le calme.

« Cette entreprise [Eiffage] ne donne ni bulletin de salaire, ni équipement individuel de sécurité. Elle se permet de faire ça parce que ce sont des sans-papiers. On est trois ou quatre siècles en arrière ! », a expliqué Etienne Deschamps, juriste à la CNT-SO. « On veut leur régularisation et une hausse de leurs salaires. Payer 40 euros la journée ou la nuit de travail, allant parfois au-delà de sept heures effectuées, ce n’est pas normal », a-t-il poursuivi.

« Responsabilité sociale du "Monde" »

La CNT dénonce « la responsabilité sociale du Monde » dans cette affaire, mais plusieurs travailleurs interrogés la rejettent, affirmant que « seul Eiffage est responsable ». Siku, originaire du Mali et qui travaille pour Eiffage depuis plus d’an, dénonce « l’exploitation » dont ses collègues et lui souffrent. « J’en ai marre, on travaille comme des animaux. On est exploités. Etre payé aussi peu, en liquide, c’est un truc de malade », insiste-t-il.

« Si on n’a pas de réponse aujourd’hui, on va dormir ici. Et s’il faut rester 365 jours ici, on restera. On défend nos droits ! », lance un autre Malien, Badara, au milieu des travailleurs rassemblés dans une pièce où transitent les livraisons pour se protéger de la pluie. Selon Etienne Deschamps, une rencontre est prévue à 16 h entre Louis Dreyfus, président du directoire du journal Le Monde, et les représentants des deux sous-traitants mis en cause, CICAD et Golden Clean. Contactée, la direction d’Eiffage n’était pas en mesure de répondre dans l’immédiat.

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