Autolib' : Des Bluecar d’occasion en quête de proprios pour que le courant passe bien

OCCASION Une vente d'Autolib' de seconde main est organisée ce samedi à Romorantin

Guillaume Novello

— 

Les Autolib' seront vendus entre 3.900 et 5.000 euros.
Les Autolib' seront vendus entre 3.900 et 5.000 euros. — Yann Bohac/SIPA
  • Des anciennes Autolib' parisiennes sont revendues ce samedi à Romorantin.
  • Derrière cette opération commerciale, une PME morbihannaise qui a racheté le stock des Bluecar d’occasion.
  • Les véhicules sont autant appréciés par les collectivités que les particuliers.

Depuis l’été 2018, elles ont déserté les rues de Paris. Mais les Autolib' connaissent une seconde jeunesse sur le marché de l’occasion. Et une grosse vente des fameuses Bluecar électriques de Bolloré se tiendra ce samedi sur le parking du Carrefour de Romorantin (Loir-et-Cher). A l’origine de cette opération, la société de revente de pièces détachées Autopuzz, basée à Caudan, près de Lorient (Morbihan). « Pour commencer, on a racheté 300 Autolib' et finalement on a fini par acquérir celles qui restaient car on a une forte demande dessus », raconte Mathilde Salin, responsable marketing de l’entreprise.

Et le succès à la revente ne se dément pas, que soit auprès des particuliers ou des collectivités. « On a fait le salon des maires de France, en novembre dernier, et on a eu plus de 150 demandes, se félicite Mathilde Salin. Des maires sont intéressés pour racheter des Bluecar et faire de l’autopartage sur leur ville. » Ainsi le département de la Mayenne a acquis 53 Autolib' d’occasion en 2019 pour les mettre à disposition de ses agents. En effet, la loi d'orientation des mobilités (LOM) adoptée en décembre dernier, oblige les collectivités à verdir leur flotte automobile avec notamment des quotas à respecter. Or, à environ 5.000 euros pièce et en ces temps de budgets serrés, la Bluecar d’occasion a tout de la bonne affaire.

Un achat écolo

Jean-François Girardeau, 71 ans et habitant à Airvault dans les Deux-Sèvres, a lui aussi sauté sur l’occasion (vous l’avez ?). « J’ai acheté une Bluecar parce qu’elle était à un prix relativement intéressant et pour des raisons écologiques », explique-t-il. Le raisonnement est d’ailleurs imparable : « Même si on n’est pas totalement pour les voitures électriques à cause de la pollution que peuvent engendrer les batteries, leur fabrication et leur destruction, il n’en demeure pas moins que comme elles existent, de toute façon, la pollution sera la même alors autant les utiliser. » Et c’est ce que fait Jean-François qui laisse au garage ses voitures diesel. « J’habite à la campagne, et comme les centres urbains sont tous dans un rayon de 25-40 km, l'autonomie de la voiture électrique me permet de faire un aller-retour sans problème. » Et une nuit suffit pour la recharger.

« J’en suis entièrement satisfait, affirme le retraité. La preuve, la première je l’ai cassée quand un tracteur m’a coupé la route pour rentrer dans sa ferme, et j’en ai rachetée une deuxième. » Le premier modèle, une 4 portes, Jean-François l’a acheté environ 5.000 euros et il a ensuite acquis un Utilib, une camionnette électrique, pour environ 7.000 euros.

A Romorantin, « il y aura environ 3.000 Bluecar à vendre, annonce la responsable marketing. Les 50 premiers véhicules vendus le seront à 3.900 euros, les suivants à 4.999 euros. » Mais si cette vente sur place permettra « aux clients d’essayer les véhicules », Mathilde Salin assure que « les gens en achètent tous les jours au téléphone ». Elle annonce d’ailleurs une prochaine opération vente à Paris, après les municipales.