Nouvelle grève des salariés Vélib'

Carole Bianchi et Charles Centofanti - ©2008 20 minutes

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Alexandre Jaffré, 28 ans, est au bout du rouleau. Salarié chez Cyclocity, il assure la maintenance de seize stations Vélib' dans Paris pour 980 euros net par mois. Et son lot d'inconvénients : « Un sac à dos de matériel de 30 kg, le froid et les odeurs de déjections dans les caniveaux », souligne-t-il. Comme une centaine d'autres employés, il fait grève au­jourd'hui et manifeste à partir de 9 h 30 devant l'Hôtel de Ville pour dénoncer « les con­ditions de travail déplorables subies depuis juillet 2007 ». Une opération escargot sera ensuite menée jusqu'à Neuilly (92), siège de JCDecaux.

Selon les salariés, qui ont déjà débrayé la semaine dernière, le dialogue avec la direction est rompu et les pressions sont monnaie courante. « On constate 64 % de turn­over, c'est pire que chez McDo », dénonce Thibault Prenez, délégué syndical de SUD. Ils expliquent aussi que deux des sept dépôts, où les vélos sont réparés, sont délabrés. « Quand on m'a présenté le projet il y a un an, on nous promettait des évolutions de carrière. Aujourd'hui, on est tous prêts à démissionner. Cette grève est le dernier avertissement avant un mouvement radical », explique Alexandre Jaffré.

Cyclocity ne souhaitait pas faire de commentaire, indiquant qu'une négociation était prévue le 21 novembre. « Nous n'avons pas d'autre moyen que de faire passer les messages des salariés à JCDecaux », réagissait hier Annick Lepetit, adjointe PS en charge des Transports à la Ville de Paris.