Quatre ans avec sursis pour le meurtre de son nouveau-né

PONTOISE Helam Righi, étudiante en pharmacie, avait peur d'être mise au ban de sa famille musulmane pratiquante...

Charles Centofanti (avec agence)

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Helam Righi, la jeune femme qui a reconnu avoir tué son nouveau-né de peur d'être mise au ban de sa famille musulmane pratiquante, a été condamnée ce jeudi à une peine de quatre ans de prison avec sursis, assortie d'une mise à l'épreuve de trois ans, par la cour d'assises du Val-d'Oise.

La peine est assortie d'une obligation d'exercer une profession ou de suivre une formation professionnelle et de se soumettre à un traitement médical. La cour a suivi les réquisitions de l'avocat général qui avait en outre demandé que la jeune femme suive une formation citoyenne dans le cadre de sa mise à l'épreuve.

L'étudiante en pharmacie était jugée depuis mercredi pour avoir tué son bébé puis l'avoir jeté par la fenêtre, dans la nuit du12 au 13 septembre 2005, quelques instants après avoir accouché, seule, dans les toilettes du domicile familial de Persan. «J'étais assise par terre, tout est tombé en même temps, il ne pleurait pas, ne bougeait pas... J'ai tout pris et j'ai lâché», a-t-elle raconté à l'audience. L'autopsie a révélé que le bébé était «légèrement prématuré» mais «viable». La jeune femme était «en plein déni de grossesse», a expliqué Nicolas Fondaneche, son avocat.

«Elle était presque considérée comme une sainte»

Dans sa famille musulmane «très stricte», «il n'y avait pas de communication, la sexualité était un péché hors mariage», a reconnu la plus «rebelle» de ses sœurs. Mais les parents l'ont redit à la barre: personne n'a su, ni même imaginé qu'elle était enceinte. «Par peur d'être bannie», décrypte la même sœur. Valérie Bayon, éducatrice spécialisée a expliqué que «ce n'était pas pensable [d'avoir eu une relation sexuelle hors mariage], elle était presque considérée comme une sainte».

Tout d'abord, son père avait affirmé qu'il l'aurait «égorgée» s'il l'avait su. Jeudi, il a dit avoir parlé sous le coup de la colère: «Je lui aurais seulement demandé qui était le père.» Même angélisme chez la mère: «Elle a fait une bêtise mais je l'aime, il n'y a pas de problème.»

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