Bras de fer au musée Bourdelle

Alexandre Sulzer - ©2008 20 minutes

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Le testament n'était pas coulé dans le bronze. Le tribunal administratif de Paris, saisi en référé par la Ville de Paris, a autorisé l'expulsion de l'ancienne concierge du musée Bourdelle (15e), Elisabeth Adrey, du logement de fonction qu'elle occupe au sein de l'établissement.

Problème : la fille du sculpteur, Rhodia Bourdelle, ancienne propriétaire des oeuvres, qui a légué son patrimoine à la Ville de Paris à sa mort en 2003, « souhaitait » que la gardienne, mutée en 2007 à la maison de Balzac (16e), reste sur place. C'est ce qui est indiqué dans son testament. « Je suis la mémoire du musée, s'insurge Elisabeth Adrey, ma mère et ma grand-mère étaient déjà les gardiennes du lieu. Quant à mon grand-père, il a enterré les oeuvres de Bourdelle dans le jardin pendant la guerre pour que les Allemands ne les prennent pas. »

« Un simple souhait testamentaire n'est pas une obligation », fait valoir la mairie qui entend récupérer le local de fonction pour installer un PC de sécurité. « Nous travaillons à ce que son expulsion soit rapide », confirme Colombe Brossel, adjointe (PS) au Patrimoine. « Elle a déjà refusé quatre propositions de relogement, il faut qu'elle revienne à la raison », s'énerve l'élue qui dément les éventuelles entorses au testament, dénoncées par la gardienne. Comme le fait de ne pas exposer toutes les oeuvres. « Oui, nous les faisons tourner pour donner au public un maximum à voir », assume-t-elle. Elisabeth Adrey compte se pourvoir devant le Conseil d'Etat.