Jugée pour avoir tué son bébé

Charles Centofanti, à Pontoise - ©2008 20 minutes

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Dissimulée derrière de longs cheveux noirs, Hélam, 23 ans, est apparue anéantie et effacée, hier devant la cour d'assises du Val-d'Oise. L'étudiante en pharmacie y est jugée jusqu'à ce soir pour avoir tué son bébé puis l'avoir jeté par la fenêtre, dans la nuit du12 au 13 septembre 2005, quelques instants après avoir accouché, seule, dans les toilettes du domicile familial de Persan. « J'étais assise par terre, tout est tombé en même temps, il ne pleurait pas, ne bougeait pas... J'ai tout pris et j'ai lâché. » L'autopsie a révélé que le bébé était « légèrement prématuré » mais « viable ». La jeune femme était « en plein déni de grossesse », explique Me Nicolas Fondaneche, son avocat.

Dans sa famille musulmane « très stricte », « il n'y avait pas de communication, la sexualité était un péché hors mariage », a reconnu la plus « rebelle » de ses soeurs. Mais les parents l'ont redit à la barre : personne n'a su, ni même imaginé qu'elle était enceinte. « Par peur d'être bannie », décrypte la même soeur. Valérie Mannier Vallée, éducatrice spécialisée explique que « ce n'était pas pensable [d'avoir eu une relation sexuelle hors mariage], elle était presque considérée comme une sainte ».

Tout d'abord, son père avait affirmé qu'il l'aurait « égorgée » s'il l'avait su. Hier, il a dit avoir parlé sous le coup de la colère : « Je lui aurais seulement demandé qui était le père. » Même angélisme chez la mère : « Elle a fait une bêtise mais je l'aime, il n'y a pas de problème. » Hélam risque une peine allant de deux ans de prison à la réclusion criminelle à perpétuité.