Barbès : Descente de la police contre les revendeurs de cigarettes de contrebande

REPORTAGE Le préfet Didier Lallement avait même fait le déplacement

Guillaume Novello
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Le préfet Didier Lallement (à gauche) à Barbès, lors de l'opération de police contre les vendeurs à la sauvette.
Le préfet Didier Lallement (à gauche) à Barbès, lors de l'opération de police contre les vendeurs à la sauvette. — G. Novello

Rendez-vous est donné à l’intersection entre rue de Clignancourt et le boulevard Rochechouart. Est déjà présente la commissaire Emmanuelle Oster. Bientôt descendent d’une berline le préfet de police Didier Lallement, son chef de cabinet, et Valérie Martineau, patronne de la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP).

Tout ce beau monde vient assister à une opération de police visant les revendeurs de cigarettes de contrebande à Barbès. Mais cette descente entre dans le cadre d’un coup de filet plus large visant « l’agglomération parisienne et le métro avec 120 agents déployés », précise la commissaire. Emmanuelle Oster détaille l’opération : « On va cerner l’espace de vente avec des agents dans le métro et on va les prendre en flagrant délit ». « La bonne vieille tenaille de Machecoul », conclut-elle dans une belle référence à Où est passée la 7e compagnie ?.

Les acheteurs à présent verbalisés

Alors que de possibles revendeurs se font contrôler devant la brasserie Barbès, le préfet de police indique la nouveauté de l’opération du jour. « Depuis le 20 décembre, nous avons la possibilité de dresser directement des contraventions de 135 euros aux acheteurs de cigarettes à la sauvette, ce qui est vraiment utile dans la lutte contre la revente illégale. » En effet, jusqu’à présent, les vendeurs interpellés se déclaraient acheteurs et ne risquaient quasiment rien. Avec cette nouvelle contravention électronique, « ils vont avoir une désagréable surprise », indique la commissaire Oster. « Sauf s’ils ont lu le Journal officiel », plaisante Didier Lallement.

« Nous cherchons à déstabiliser les trafics, mais ce n’est pas une opération coup de poing, insiste le préfet de police, casquette vissée sur la tête. On maintient une présence, le but est de reprendre le contrôle de l’espace public. » Et cette reprise passe notamment par un alignement, autour du kiosque de presse désormais fermé, de la plus belle collection de Nike Air Max donnée de voir en ce jour. Leurs possesseurs gardent le silence pendant leur verbalisation.

Un agent rend compte à la commissaire : « On a une quarantaine de paquets saisis ». Si cela peut paraître peu, Emmanuelle Oster s’en félicite néanmoins. « C’est pas mal, car ils n’ont souvent que deux ou trois paquets sur eux pour limiter les risques. » « L’objectif n’est pas là, complète Didier Lallement. Derrière ces vendeurs, il y a un petit nombre de gros réseaux qui tiennent les trafics dans Paris, et ce sont eux que nous visons. » L’opération a duré une vingtaine de minutes et s’achève tranquillement. Ceux qui n’ont pas été pris sont déjà bien loin. Ils reviendront sûrement, reste à savoir quand. « C’est comme pour de la pâte, prévient la commissaire Oster. On laisse reposer et on revient. »

Sur l’ensemble de l’agglomération parisienne, 46 personnes interpellées pour vente de cigarettes ou d’autres objets à la sauvette dans le cadre de l’opération, et une pour recel de vol, annonce ce mercredi soir la Préfecture de police.