Champs-Elysées : Moins de voitures, plus d'arbres... Un vaste projet de rénovation participatif présenté au public

INFO « 20 MINUTES » Une exposition au pavillon de l’Arsenal à Paris propose, à partir d’une mise en perspective historique, un projet de réaménagement total des Champs-Elysées afin de leur rendre leur lustre d’antan

Guillaume Novello

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Les Champs-Elysées imaginés à l'horizon 2030.
Les Champs-Elysées imaginés à l'horizon 2030. — PCA-Stream
  • Le Comité Champs-Elysées, conscient du désamour des Parisiens envers la célèbre avenue, a confié la mission à l’architecte Philippe Chiambaretta et son agence de réfléchir aux solutions pour améliorer tout ça.
  • Fruit d’un long travail collectif, le projet visant à transformer les Champs à l’horizon 2030 est présenté à partir de ce vendredi au Pavillon de l’Arsenal à Paris.
  • En parallèle, une consultation citoyenne est lancée pour permettre aux Franciliens de s’exprimer sur le sujet.

Et si Gims était le dernier Parisien à se balader aux Champs-Elysées. En effet selon une analyse menée en 2019 sur la fréquentation de l’avenue, il en ressort que seuls 5 % des 100.000 visiteurs quotidiens sont des Parisiens, 68 % étant des touristes, en majorité de l’étranger. Forts, mais aussi inquiets, de ce constat, les acteurs économiques et culturels du secteur groupés dans le comité Champs-Elysées ont, à l’été 2018, chargé l’architecte Philippe Chiambaretta et son agence PCA-Stream de réfléchir à un pimpage en règle de « la plus belle avenue du monde ».

Un an et demi de gestation et un budget d’un million d’euros ont été nécessaires pour accoucher d’une « vision 2030 » visant à « réenchanter les Champs-Elysées ». Une vision qui sera révélée au grand public à l’occasion d’une exposition qui s’ouvre ce vendredi au Pavillon de l’Arsenal à Paris. Cette exposition propose une mise en perspective historique des Champs-Elysées qui aide à mieux comprendre les problématiques actuelles de cette avenue, « métaphore originale de la modernité occidentale », selon la formule de Philippe Chiambaretta.

A la fois « hyper-lieu » et « hyper vide »

A travers un parcours didactique basé sur des photos, des vidéos et des infographies, elle met en lumière le paradoxe des Champs. Conçus comme un espace de promenade pour les Parisiens, via notamment les premiers aménagements de Le Nôtre, ils constituent aujourd’hui la principale autoroute intra-muros. Adulée à l’étranger, l’avenue est désertée par les Parisiens. Très fréquentée, la partie haute des Champs-Elysées, un « hyper-lieu » selon la formule du géographe Michel Lussault, s’oppose à la partie basse des jardins, un « hyper vide » quasi désert.

C’est pour répondre à ce paradoxe et « trouver des remèdes à cette condition de ville malade » que Philippe Chiambaretta s’est entouré d’une « cinquantaine d’experts, d’entreprises, dans une démarche très transdisciplinaire qui va des scientifiques aux artistes, aux designers, pour avoir un point de vue très large ». Le projet présenté, dont chaque paramètre est chiffré avec une incroyable précision (il est là le big data !), vise à rendre « la ville durable, inclusive et désirable » selon l’architecte.

La parole aux Parisiens

« Il y a une prise de conscience écologique, analyse Philippe Chiambaretta. Parfois de la panique, qui peut conduire à des décisions intempestives alors qu’au contraire, il y a urgence à bien réfléchir. C’est la première fois qu’une étude de cette envergure est portée par le terrain. Il y a une évolution dans la façon de produire la ville de demain. » Le résultat laisse rêveur, notamment grâce à des projections visuelles de très grande qualité.

Concrètement, le projet, qui se revendique d’une architecture zéro carbone, propose de diminuer drastiquement la place de la voiture individuelle (-52 % de l’espace) via la piétonisation de la Concorde, la réduction du nombre de voies de circulation sur les Champs-Elysées et place de l’Etoile. Un gros effort de végétalisation est également mis sur la table avec par exemple, la plantation de 1.132 arbres et le triplement des espaces végétalisés, via notamment la rénovation des jardins.

A la fin de l’exposition, un espace est réservé pour que les visiteurs puissent s’exprimer sur le projet. « L’idée est […] d’inviter les Parisiens à se prononcer, non seulement juger ce qui leur plaît, ce qui ne leur plaît pas, détaille Philippe Chiambaretta, mais aussi pouvoir venir avec des recommandations, des propositions. » Cet espace participatif se double d’ailleurs d’une consultation virtuelle via la plateforme Make.org. « La prochaine étape, c’est de faire adhérer les Parisiens au projet à travers l’exposition et la consultation citoyenne, espère Jean-Noël Reinhardt, président du Comité Champs-Elysées. Et je vous promets que s’il y a 100.000 Parisiens qui le connaissent en détail, parce qu’ils seront allés à l’exposition, parce qu’ils auront participé à la consultation, quand nous irons voir la nouvelle municipalité, début mai, pour lui dire "Voilà le projet, vous le connaissez, mais il est porté par 100.000 Parisiens", nos arguments auront plus de poids. » Car in fine, cette vision n’est qu’un projet estimé à 150 millions d'euros et elle ne pourra être mise en œuvre sans le ou la futur(e) maire de Paris.

20 Minutes est partenaire de la consultation « Réenchanter les Champs-Elysées », initiée par le Comité Champs-Elysées et l’agence PCA-Stream sur la plateforme Make.org. Si vous souhaitez y participer, vous pouvez proposer vos idées et voter sur celle des autres participants dans le module ci-dessous

Champs-Elysées: Histoire et perspectives, du 14 février au 10 mai, au Pavillon de l'Arsenal 21, boulevard Morland, 75 004 Paris, entrée gratuite