Réforme des retraites : La gestion des déchets s’améliore à Paris, la collecte pas vraiment

MOBILISATION Le préfet de police de Paris a pris jeudi et vendredi des arrêtés de réquisition pour faire fonctionner les trois sites d’incinération de déchets en Ile-de-France

Guillaume Novello

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Les poubelles débordent toujours, comme ici dans le 17e arrondissement de Paris, samedi 8 février.
Les poubelles débordent toujours, comme ici dans le 17e arrondissement de Paris, samedi 8 février. — F. Hernandez
  • La préfecture de police de Paris a pris des arrêtés de réquisition pour rouvrir les trois sites d’incinération de déchets d’Ile-de-France.
  • Le traitement des déchets devrait revenir à la normale en début de semaine.
  • A Paris, la collecte est entravée par le blocage des garages des camions-bennes alors que la CGT demande aux salariés de rester mobiliser.

La semaine s’annonce meilleure sur le front des déchets en Ile-de-France. En tout cas, elle sera plus verte. Pour rappel, les personnels en grève bloquent depuis le 23 janvier les trois sites d’incinération des déchets d’Ivry-sur-Seine, d’Issy-les-Moulineaux et de Saint-Ouen. Jusqu’à présent, les ordures, ne pouvant être brûlées, étaient enfouies dans le Val-d'Oise et le Val-de-Marne, à raison de 5.000 tonnes par jour.

Pour faire face à ce préjudice écologique, le Syctom, organisme public qui gère les déchets de 85 communes d’Ile-de-France, dont Paris, a sollicité la préfecture de police de Paris. Celle-ci a pris jeudi et vendredi, deux arrêtés de réquisition, pour remettre en fonctionnement les trois sites. « A Issy-les-Moulineaux, le four est rallumé depuis mercredi donc il y a des déchets qui brûlent quotidiennement, au rythme de 1.800 tonnes par jour, indique le Syctom. A Ivry-sur-Seine, on devrait pouvoir réintroduire des déchets dans les fours ce dimanche et pour Saint-Ouen, ce sera en début de semaine. » Fini donc l’enfouissement des déchets. « En terme écologique, il était temps que ça arrive », salue Paul Simondon, adjoint en charge de la propreté à la mairie de Paris.

Si le traitement des déchets devrait revenir à la normale cette semaine, cela pourrait être plus compliqué au niveau de la collecte, notamment à Paris. « Ce qui ralentit et ce qui fait que c’est très compliqué de rattraper le retard dans la semaine, ce sont les blocages des garages qui empêchent les camions-bennes de sortir », explique Paul Simondon. Ainsi jeudi, seules 50 bennes sur 150 auraient circulé, selon le Syctom. « On est obligés de mettre des moyens en plus, constate l’adjoint à la propreté. Tous les jours il y a 3.000 tonnes de déchets à ramasser à Paris, on ne peut pas mettre les mêmes moyens qu’habituellement et espérer combler le retard qui s’est accumulé. » De fait assure l’élu local, « en moyenne, 40 bennes supplémentaires ont été mobilisées chaque jour. Et ce dimanche, on a sorti deux fois plus de bennes qu’un dimanche habituel. »

« La question est avant tout une question sociale »

« Depuis décembre, quand il y a un blocage dans la collecte, la ville de Paris fait appel aux forces de l’ordre pour libérer les garages », indique Paul Simondon qui en appelle néanmoins au gouvernement. « La question est avant tout une question sociale, juge-t-il. Elle est posée sur les retraites et la prise en compte de la pénibilité, qui, en l’occurrence pour les salariés du secteur des déchets et de l’assainissement, est indiscutable et doit être prise en compte. » Pour lui, « il y a besoin face à cette mobilisation sociale, de réponses politiques et de reprise du dialogue social. »

De son côté la FNME-CGT a dénoncé, dans un communiqué de presse mercredi 5, la réquisition des salariés qui « devient l’arme du gouvernement pour arrêter de rendre visible ceux qui sont invisibles ». Alors qu’elle appelle les salariés à rester mobilisés elle assure qu’il « vaut mieux des poubelles dans la rue que nos retraites et nos vies à la poubelle ».