Municipales 2020 à Paris : Victime de punaises de lit, Benjamin Griveaux veut s’attaquer à ce « fléau »

SOCIETE Ces bestioles qui étaient déjà sur terre au temps des dinosaures, sont de plus en plus présentes dans les lits des Parisiens ces dernières années et s’invitent désormais dans la campagne électorale à la Mairie de Paris

Romain Lescurieux

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Benjamin Griveaux en 2019
Benjamin Griveaux en 2019 — AMEZ / ROBERT/SIPA
  • Benjamin Griveaux propose un « service public municipal pour éradiquer les nuisibles dont les punaises de lit dans les immeubles d’habitations ».
  • Depuis plusieurs mois, le candidat LREM à la Mairie de Paris se bat contre les punaises de lit. Et pour cause, il en a été lui-même très récemment victime, confirme-t-il à 20 Minutes.
  • « Il faut en parler pour que les gens n’aient pas honte de le dire​ », insiste le député de Paris.

« C’est un cauchemar. » Benjamin Griveaux ne mâche pas ses mots au téléphone. Depuis quelques mois, le candidat LREM à la mairie de Paris multipliait les prises de position à l’Assemblée nationale, dans sa campagne municipale et affichait même des rapprochements et des ententes inattendues avec… La France Insoumise engagée depuis juillet sur un sujet précis :  Les punaises de lit, ces bestioles qui se nourrissent de sang humain, la nuit, et qui étaient déjà sur terre il y a 100 millions d’années. Et pour cause. Benjamin Griveaux en a été lui-même très récemment victime, confirme-t-il à 20 Minutes.

Le Point en faisait rapidement état en octobre 2019 au détour d’un article sur ses « vraies ennemis ». Mais à la veille de la présentation de ses mesures pour la propreté à Paris, Benjamin Griveaux revient auprès de 20 Minutes sur cet épisode de sa vie qui a eu lieu l’été dernier, en plein début d’une campagne... mouvementée. Lui, qui a décidé récemment de « fendre l’armure », selon son entourage, d’évoquer « ses angoisses et ses échecs », comme il l’a récemment dit en meeting, semble vouloir se saisir du sujet des punaises. « Il faut en parler pour que les gens n’aient pas honte de le dire. Quand j’en ai parlé la première fois à un dîner, subitement la parole s’est libérée. Ça n’a rien à voir avec l’hygiène mais il faut en parler pour agir efficacement », affirme-t-il. Et de préciser : « Moi je suis asymptomatique, quand je me fais piquer, ça ne se voit pas. Ce n’était pas le cas pour mes enfants et ma femme. C’est assez traumatisant de se réveiller le matin recouvert de boutons. » Un sujet derrière lui ?

100.000 sites infestés en Ile-de-France

« Je m’en suis débarrassé. Mais ça a pris trois mois. Tout ça est dingue », lâche celui qui s’est aussi mobilisé en tant que député sur le sujet. Via une question soumise le 22 octobre 2019 au ministère des Solidarités, Benjamin Griveaux a attiré l’attention sur le phénomène de recrudescence des… punaises de lit en France et en Ile-de-France. « A Paris, plus que dans d’autres villes françaises, les spécialistes qualifient même l’infestation d’explosive. Et pour cause, l’augmentation des voyages internationaux, les échanges d’appartements, l’usage des transports en commun, les achats de meubles de seconde main, le troc de vêtements, l’achat en friperie. Toutes ces nouvelles pratiques sont des vecteurs de diffusion des punaises de lit », rapportait-il.

Il veut désormais faire de la lutte contre ce « fléau » et de la propreté, un de ses thèmes de campagne dans la course à la mairie. « J’ai été confronté à la question des punaises de lit à titre personnel. Et en ayant été confronté à ce sujet, évidemment je m’y suis intéressé », commente-t-il. Un phénomène réel en recrudescence dans la capitale depuis cinq ans. Mais aussi loin d’être mis de côté par la municipalité actuelle.

En 2018, en Ile-de-France 100.000 sites – logements, hôtels, etc. – ont été infestés par les punaises de lit, selon la chambre syndicale de désinfection, désinsectisation et dératisation. Ces bêtes, hantise des Français, selon un sondage, dont les piqûres provoquent notamment des démangeaisons, se développent dans les matelas et les draps, mais aussi dans les meubles et les recoins. Mais elles sont surtout difficiles à tuer en une seule fois. Des cinémas parisiens ont également été envahis récemment. « En forte expansion au niveau mondial, les punaises de lit sont de plus en plus présentes à Paris. Cette recrudescence est due en partie à l’augmentation des voyages internationaux, au développement de la location de meublés touristiques et à la récupération de meubles et vêtements d’occasion », selon la Mairie de Paris sur une page Internet dédiée.

La création d’un « service public » antipunaises

Actuellement, les services de la Ville de Paris n’interviennent pas chez les particuliers, sauf pour les personnes en situation précaire, adressées à la Ville de Paris par un travailleur social. Pour les propriétaires ou locataire d’un logement du parc privé, la mairie invite à contacter une entreprise spécialisée dans la désinsectisation avec des prix souvent très élevés pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros. Mais que veulent faire de plus certains candidats à la mairie ?

« Il faut développer un service public des punaises de lit », a estimé vendredi, Danielle Simonnet (candidate soutenue par LFI) lors d’un débat sur le logement organisé par la Fondation Abbé-Pierre, avec plusieurs de ses concurrents aux élections municipales, rapportent Les Echos. « Nous ne sommes pas souvent d’accord avec Danielle Simonnet. Mais les punaises de lit sont un excellent sujet que je partage avec elle. Il y a une part de régulation à mettre sur la question des nuisibles », a embrayé Benjamin Griveaux.

Selon lui, un logement social sur cinq est infesté à Paris. « Avec la brigade municipale antinuisibles, je propose un service public pour éradiquer les nuisibles dont les punaises de lit dans les immeubles d’habitations à commencer par les 230.000 logements sociaux de la ville avec un contrôle strict sur les produits utilisés », détaille-t-il. Et de préciser : « Pour les plus modestes ce sera pris en charge par la mairie et sinon ce sera des tarifs en fonction des revenus. Mais c’est normal que la ville accompagne les plus modestes. »

En février 2018, la Mairie de Paris avait décidé de s’attaquer aux punaises de lit en lançant une campagne d’information et en mobilisant ses services pour lutter contre ces bêtes. Un budget de trois millions d'euros pour lutter contre les punaises de lit avait notamment été voté. Mais à quelques semaines du premier tour des municipales, les petites bêtes devraient revenir sur le tapis.