Réforme des retraites : Les ordures envahissent Paris à cause du blocage des sites d’incinération

GREVE Les grévistes, réunis en assemblées générales, ont décidé de maintenir le blocage des trois sites d’incinération des déchets d’Ile-de-France pour protester contre la réforme des retraites

Guillaume Novello

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Ce lundi matin, rue des Canettes, près de l'église Saint-Sulpice, les poubelles débordaient mais devaient être ramassées dans la journée.
Ce lundi matin, rue des Canettes, près de l'église Saint-Sulpice, les poubelles débordaient mais devaient être ramassées dans la journée. — G. Novello
  • Depuis une dizaine de jours, les sites d’incinération des déchets franciliens sont bloqués pour s’opposer à la réforme des retraites.
  • Vendredi dernier, un arrêté préfectoral a permis d’assurer un service minimum et de traiter les déchets par enfouissement.
  • A Paris, du fait de cette nouvelle logistique, un retard s’est accumulé ce week-end et les poubelles débordent.

Un nouveau secteur où Paris fait mieux que Marseille ! Et il s’agit cette fois de l’accumulation de déchets dans les rues. Une performance permise par le blocage depuis le 23 janvier des trois sites d’incinération de déchets d’Ile-de-France. Les assemblées générales de grévistes ont voté ce lundi la poursuite du mouvement jusqu’au 7 janvier pour protester contre la réforme des retraites.

Pour rappel, les trois sites de Saint-Ouen, Isséane-Issy-Les-Moulineaux et Ivry-sur-Seine brûlent 6.000 t de déchets par jour et alimentent en chaleur la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU) pour chauffer des logements parisiens, des bâtiments officiels ou encore l’AP-HP. Or depuis le 23 janvier, six des sept fours sont éteints et seul un des fours de Saint-Ouen fonctionne au ralenti. Les déchets se sont donc accumulés sur les sites jusqu’à ce que la préfecture prenne vendredi dernier un arrêté de réquisition pour éviter l’ensevelissement par les ordures.

« Une situation écologique très préoccupante »

Depuis, « on n’utilise pas nos usines comme un centre de traitement mais comme un centre de transit, explique une porte-parole du Syctom, organisme public qui traite les déchets de 6 millions de Franciliens. Nous accueillons les bennes avant de transférer les déchets par camions vers des centres d’enfouissement privés. » En gros, 5.000 t d’ordures sont enterrées chaque jour depuis le blocage, « une situation écologique très préoccupante, absolument inacceptable », dénonce Paul Simondon, adjoint en charge de la propreté à la Ville de Paris.

Autre problème, le transfert des déchets des bennes vers les camions prend plus de temps que le vidage dans les fosses. Conséquence de quoi, à Paris, « pendant le week-end, on a pu ramasser les 2/3 de ce qu’on ramasse habituellement, relève l’élu parisien. Ce lundi, les capacités de vidage ont un peu augmenté, ce qui nous a permis d’évacuer la quantité habituelle de déchets pour un lundi mais pas encore de résorber le retard. »

La municipalité demande donc à l’Etat de « prendre ses responsabilités ». « Il faut absolument, c’est une question sanitaire, que l’Ile-de-France récupère des capacités de traitement des déchets qui fonctionnent à plein régime pour qu’on puisse apurer le retard », s’alarme Paul Simondon. En outre, le Syctom chiffre « le surcoût à 700.000 euros par jour, qui seront forcément payés par le contribuable », sans compter que la CPCU doit recourir aux énergies fossiles pour chauffer les bâtiments.