Municipales 2020 à Paris : Qui sera le candidat le plus écolo ?

POLITIQUE (3/7) « 20 Minutes » aborde chaque semaine un thème de la campagne des municipales à Paris. Aujourd’hui, l’environnement

Romain Lescurieux

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La voie Georges-Pompidou est désormais fermée à la circulation
La voie Georges-Pompidou est désormais fermée à la circulation — R.LESCURIEUX
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd’hui, les enjeux autour de l’environnement.
  • Quasiment tous les candidats à la mairie de Paris se positionnent en faveur de l’écologie.
  • Sur le papier, c’est beau, c’est vert, ça brille, mais concrètement qui proposent quoi ?

2020, année verte ? Face à l’urgence climatique, quasiment tous les candidats à la mairie de Paris se positionnent en faveur de l’écologie. Place de la nature en ville, espaces verts, lutte contre la pollution, respect du vivant, urgence climatique, développement durable, défi environnemental, transition énergétique… Ces mots sont dans la bouche de nombreux candidats lors de meeting ou de sorties médiatiques. Mais concrètement, comment agir dans une ville comme Paris, à court et à long terme ? Alors qu’une « grande coalition pour le climat » tente toujours de se mettre en place entre plusieurs candidats, 20 Minutes passe au crible les enjeux et les propositions à quelques semaines du premier tour, le 15 mars prochain.

Tendance verte dans le discours

« ll nous reste 10 ans pour agir. La question écologique sera le socle de mon projet. Il faut conjuguer l’urgence climatique avec l’impératif d’égalité et d’inclusion », a affirmé le 11 janvier, la maire sortante, Anne Hidalgo. Déclarant Paris en « état d’urgence environnementale », Benjamin Griveaux (LREM) dit lui miser sur une « écologie d’action » face à « l’écologie de communication » d’Anne Hidalgo. De son côté, Cédric Villani avait indiqué lors de sa déclaration de candidature : « Je veux être le premier maire véritablement écologiste de Paris. » « Je veux une écologie non dogmatique, centrée sur le bien-être et la santé des Parisiens », explique Rachida Dati (LR). « On ne permettra pas à Paris de devenir une ville écologique et de l’hospitalité si ce n’est pas les citoyens qui reprennent en main leur destin », juge de son côté Danielle Simonnet, candidate affiliée LFI. Et dans tout ça, comment être vert quand on est chez les Verts ?

« Tout le monde dans cette campagne fera de l’écologie, on se croirait dans l’émission “L’écologie a un incroyable talent”. […] Bref on brasse de l’air. Et tous nous racontent qu’ils vont devenir le premier maire vraiment écologiste de Paris », ironisait David Belliard (EELV) en début de campagne. Seuls Marcel Campion et Serge Federbuch (soutenu par le RN) s’éloignent des idées de l’écologie. « L’écologie, c’est de la merde, moi, j’ai un projet pour la nature », affirme le premier quand le second explique : « Je ne brandis pas l’écologie. Je suis le seul candidat à ne pas faire de l’écologie démagogique ou de l’écologie punitive ». Que proposent les autres ?

Des espaces verts et des arbres

Pour faire face aux épisodes de canicule et apporter de la nature en ville, les candidats mettent l’accent sur les arbres et les espaces verts dans une ville (irrémédiablement ?) bétonnée. David Belliard propose de libérer 60 hectares, notamment en transformant des places de stationnement pour aménager des espaces verts et promet la création d'« un espace vert à moins de trois minutes à pied du domicile de chacun » et souhaite planter 100.000 arbres. Benjamin Griveaux veut déplacer la gare de l’Est pour créer, à la place, un Central Park à la sauce parisienne, soit un nouveau parc de 30 hectares. « Si elle disposait de ces 30 hectares, Anne Hidalgo bétonnerait sans doute. Moi, je ne construirai pas : j’y planterai une forêt », assure Benjamin Griveaux au JDD, dénonçant la « politique B & B, bitume et béton » d’Anne Hidalgo.

Anne Hidalgo qui avait déjà lancé l’idée des forêts urbaines promet également la végétalisation et le réaménagement de deux grandes places : la Concorde et l’Etoile. Et de planter 170.000 arbres en six ans « partout où c'est possible ». Rachida Dati, elle, veut redorer les « deux poumons de Paris » « le bois de Vincennes et le bois de Boulogne, devenus des cache-misères ».

La lutte contre la pollution

La diminution de la pollution et notamment de la pollution aux particules fines est un des enjeux de la campagne. Lutter contre la pollution est synonyme de lutte contre la voiture pour Anne Hidalgo qui veut continuer de baisser le trafic automobile dans la capitale en créant en parallèle une « ville 100 % vélo » ou en rendant le centre de Paris aux piétons. Cédric Villani estime aussi qu’il faut continuer à diminuer la place de la voiture « à Paris comme ailleurs, mais en multipliant les alternatives. Demain, nous circulerons en minibus autonomes, partagés, à la demande et propres ». Benjamin Griveaux compte, lui, s’attaquer aux cars de touristes diesel « d’ici 3 ans » David Belliard prévoit « un plan pour libérer Paris de la voiture et du béton ».

Sur Franceinfo, Rachida Dati a dit vouloir « lutter contre le diesel » mais pas « contre la voiture ». « On ne peut pas dire “il ne faut plus aucune voiture”, car il y a des artisans, des gens qui travaillent, des familles qui en ont besoin » expliquait à 20 Minutes celle qui veut « revoir les transports collectifs avec la région, la métropole ».