Coronavirus : « C’est loin de la France, il ne faut pas paniquer », dit-on dans la communauté chinoise de Paris

REPORTAGE A Paris, la communauté chinoise est globalement peu inquiète face à l’épidémie de coronavirus qui touche l’Asie

G. N.
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Au local des Chinois résidents en France, on prépare le défilé du Nouvel an chinois, sans guère se préoccuper de l'épidémie de coronavirus.
Au local des Chinois résidents en France, on prépare le défilé du Nouvel an chinois, sans guère se préoccuper de l'épidémie de coronavirus. — G. Novello
  • Une épidémie de coronavirus s’est déclarée en Chine avec comme épicentre, la ville de Wuhan.
  • A Paris, la communauté chinoise est globalement peu inquiète. Elle préfère se focaliser sur la préparation du Nouvel an chinois.

Le coronavirus semble bien loin en ce mercredi après-midi, au local de l’association des Chinois résidents en France, rue du Temple à Paris (4e). L’effervescence qui y règne est davantage tournée vers la préparation du Nouvel an chinois qui débute le 25 janvier et sera marqué dimanche par le traditionnel défilé.

« Nous sommes en France et c’est loin de la Chine, il n’y a pas d’inquiétude », explique une responsable, tandis qu’une dizaine de jeunes filles répètent une chorégraphie à proximité de pousse-pousse, de dragons en papiers et de masques colorés. «  Cette épidémie, c’est loin de la France, rassure Jean-Pierre Chen, vice-président de l’association. Il ne faut pas paniquer, ça n’a rien à voir avec 2003. Et je fais confiance en l’Etat chinois pour nous protéger. »

« Les infos télévisées chinoises en parlent beaucoup »

A Belleville, un des quartiers d’implantation de la communauté chinoise, le coronavirus n’effraie pas beaucoup plus. « Nous ne sommes pas vraiment inquiets, répond-on au local de l’association Chinois de France – français de Chine. Je n’ai rien de plus à dire à part que vous êtes le cinquième journaliste à me poser la question. » Dans un restaurant chinois non loin de là, une jeune serveuse balaie toute inquiétude : « Ce qui est en Chine est en Chine. Mes parents vivent là-bas mais ils ne m’en ont pas du tout parlé. »

Chez le magasin d’optique voisin, on ne cède pas plus à la panique, même si « les infos télévisées chinoises en parlent beaucoup ». La vendeuse de « Bonjour Pâtisserie » a une théorie sur la faible inquiétude générée par cette épidémie de coronavirus : « Les gens du quartier ne sont pas originaires de la région de Wuhan [où s’est déclarée l’épidémie], mais du Zhejiang, au sud-est de Shanghai, donc ils ne sont pas directement concernés. » Un peu plus loin, sur l’avenue Jean-Jaurès, dans la boutique La Boîte à fleurs, une jeune mère de famille rappelle que son père est rentré en Chine il y a de ça quelques jours pour le Nouvel An chinois, sans guère se préoccuper du virus grippal. Il sera toujours temps de s’inquiéter plus tard.