Yvelines : Comment les 38.000 m³ de « la mer de déchets » vont être déblayés

DÉCHARGE Des dizaines de milliers de déchets accumulés depuis 20 ans sur trois communes des Yvelines vont commencer à être déblayés dans les mois à venir

Caroline Politi

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La décharge à ciel ouvert dans les Yvelines va être évacué
La décharge à ciel ouvert dans les Yvelines va être évacué — Philippe LOPEZ / AFP
  • 38.000 m3 de déchets ont été entassés sur trois communes des Yvelines – Carrières-sous-Poissy, Triel-sur-Seine et Chanteloup-les-Vignes – pendant près de 20 ans.
  • Le coup d’envoi des travaux de déblaiements a été donné jeudi.
  • Un appel à projet conditionné au nettoiement du site a été lancé.

Des gravats, des lavabos, du carrelage et des pneus à perte de vue. Pendant 20 ans, près de 38.000 m³ de déchets se sont amoncelés en toute illégalité sur une vaste friche à cheval entre Carrières-sous-Poissy, Triel-sur-Seine et Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines, transformant ces anciennes terres de maraîchage en immense décharge à ciel ouvert. Jeudi, le coup d’envoi du nettoyage du site a été donné par le maire DVD de Carrière-sous-Poissy, Christophe Delrieu. « Ce lancement des opérations, c’est déjà l’aboutissement de quatre ans de travail, précise l’élu. Rien que de savoir combien de m³ de déchets se trouvaient sur cette friche et de quelle nature ils étaient a fait l’objet de six mois de diagnostic. »

Depuis 2015, quatre arrêtés municipaux ont également été pris pour démanteler les campements illicites installés sur cette «mer de déchets » et dont les occupants sont soupçonnés d’avoir largement alimenté cette décharge. « On est confiant même si on se méfie des effets d’annonce, confie Alban Bernard, président du Collectif Déchargeons la plaine. On attend de voir les pelleteuses pour y croire vraiment. » Il faudra pourtant attendre plusieurs semaines avant que le chantier prenne forme : la première étape consiste, en effet, à sécuriser la zone. Déjà interdit au public, le principal lieu de dépose s’apprête à être entièrement clôturé et fera l’objet d’une surveillance de jour comme de nuit.

Un primo nettoiement indispensable

Une fois cette étape terminée, un primo nettoiement, consistant à évacuer les routes et les chemins pour faciliter l’accès à la zone, sera entamé. Une unité de tri mobile permettra à des techniciens spécialisés de trier les déchets avant leur acheminement dans des centres de traitement appropriés. « Cette étape sera l’occasion d’un important travail de formation auprès de bénéficiaires du RSA du département. Ils seront formés à être dans les cabines de tri », précise l’édile de Carrières-sous-Poissy. Ce nettoyage pourrait commencer d’ici la fin du mois de février devrait durer plusieurs mois.

La suite des travaux est conditionnée à l’avenir de ces quelque 330 hectares de terres. « Pour que cela ne coûte pas d’argent aux contribuables, nous avons lancé un appel à projet qui sera conditionné au nettoiement du site », précise l’édile. En clair : les entreprises qui souhaitent exploiter ce site devront d’abord l’assainir. Outre le déblaiement, ces terres agricoles, qui appartiennent à près de 300 propriétaires, doivent faire l’objet d’une dépollution au plomb, détecté avant même l’installation de la décharge. Le coût total de cette réhabilitation, estimé à près de trois millions d’euros, devrait donc être entièrement assumé par des acteurs privés.

Que vont devenir ces terres ?

Si la zone n’est pas constructible – impossible donc d’y voir s’implanter un vaste complexe immobilier ou une zone industrielle – les initiatives proposées peuvent revêtir différents aspects : agricoles, loisirs ou environnementaux. Le choix, assure Christophe Delrieu, devrait être arrêté au plus tard cet été. Si aucune date n’a été arrêtée sur la fin des travaux de nettoyage, l’élu se veut optimiste. « Ce sont des entreprises qui sont en lien avec des spécialistes de la gestion de déchets, les travaux iront donc très vite. En l’espace d’un an et demi-deux ans, l’espace sera entièrement remodelé. »