Affaire Cédric Chouviat : Marche blanche à Levallois-Perret pour le livreur décédé

HOMMAGE Le livreur a été victime d’un malaise cardiaque le 3 janvier après une violente interpellation par la police

J.-L.D. avec AFP

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Les parents de Cédric Chouviat lors de la marche blanche pour lui rendre hommage ce dimanche.
Les parents de Cédric Chouviat lors de la marche blanche pour lui rendre hommage ce dimanche. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées ce dimanche à Levallois-Perret, à l’ouest de Paris, d’où était originaire Cédric Chouviat, livreur mort à Paris après son interpellation par des policiers​, afin de lui rendre hommage et de demander « justice ».

Mines graves et en silence, proches et anonymes, rose blanche à la main pour beaucoup, tee-shirts blancs « Justice pour Cédric » pour certains, sont partis de la place de l’hôtel de ville pour une marche dans Levallois. Ils se sont rassemblés derrière la femme et les enfants de Cédric Chouviat, en présence notamment d’Isabelle Balkany, première adjointe et maire par intérim de Levallois-Perret.

Une asphyxie « avec fracture du larynx »

Cédric Chouviat, un père de famille de 42 ans travaillant comme livreur, a été victime d’un malaise cardiaque le 3 janvier aux abords de la tour Eiffel après avoir été plaqué au sol, casque sur la tête, par plusieurs policiers lors d’un contrôle routier tendu.

Transporté dans un état critique à l’hôpital, il est mort le 5 janvier des suites d’une asphyxie « avec fracture du larynx », selon les premiers éléments de l’autopsie communiqués par le parquet de Paris, qui a ouvert une information judiciaire pour « homicide involontaire ».

« Les images parlent d’elles-mêmes »

Dans le rassemblement il y avait un intime de la famille, Yandi, qui est allé voir Cédric Chouviat à l’hôpital avant qu’il ne décède. « C’était une bonne personne, entière. Quelqu’un qui ne mâchait pas ses mots quand il avait quelque chose à dire », dit cet homme de 44 ans, les traits tirés. Quant à la mort de son ami, « les images parlent d’elles-mêmes », estime-t-il. « Il faut que justice soit faite. Et que ça n’arrive plus. »

Vidéos à l’appui, la famille de la victime dénonce une « bavure policière » causée par des techniques d’interpellation « dangereuses » et réclame une requalification des faits en « violences volontaires ayant entraîné la mort », un crime passible des assises.

Les proches du livreur décédé seront reçus mardi par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. Ce dernier a estimé que les premiers éléments de l’enquête interrogeaient « gravement ».