Municipales 2020 à Paris: Anne Hidalgo se lance dans une campagne éclair de neuf semaines

POLITIQUE La maire sortante, Anne Hidalgo, a officialisé sa candidature. Les candidats pour les élections municipales de 2020 à Paris sont désormais au complet. Que la fête commence.

Romain Lescurieux

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Anne Hidalgo ce vendredi 10 janvier 2020, lors de ses vœux.
Anne Hidalgo ce vendredi 10 janvier 2020, lors de ses vœux. — SIPA PRESS

La maire sortante, Anne Hidalgo, est officiellement en campagne pour un second mandat. Elle l'a annoncé ce samedi dans un entretien au Parisien : « Je suis candidate à un nouveau mandat de maire de Paris». Elle se présente «dans le XIe arrondissement, en numéro 2 sur la liste de François Vauglin, le maire actuel». David Belliard, candidat EELV à Paris se présente lui aussi dans cet arrondissement.

Depuis plusieurs semaines, son équipe préparait son arrivée et peaufinait les derniers détails pour lui dérouler le tapis rouge le moment venu. Une stratégie mise en place depuis plusieurs mois. « Anne Hidalgo doit être la dernière personne à rentrer dans l’arène », affirmait déjà en mai dernier, Jean-Louis Missika, adjoint à l’urbanisme et président de l’association « Paris en Commun », rampe de lancement de l’édile qui n’avait alors plus qu’à décider du moment opportun.

« Tout est prêt. A l’instant où elle voudra appuyer sur le bouton, elle pourra », expliquait même, il y a quelques jours, son directeur de campagne et premier adjoint, Emmanuel Grégoire, précisant sur la forme de l’annonce qu’il s’agirait « d’un lancement de campagne » plutôt classique, tout en « espérant pouvoir surprendre ». Finalement, comme Bertrand Delanoë en 2008 - alors candidat à sa propre succession - Anne Hidalgo a choisi de s’annoncer dans Le Parisien. Le secret de polichinelle n’est donc plus.

Du terrain, des meetings

Vendredi, elle a pris le soin lors de ses vœux pour l’année 2020 - et les derniers de sa mandature – de remercier ses équipes pour les années passées, tout en mettant en avant « les transformations » qui nécessitent davantage qu’un mandat de six ans, selon elle. « Si un mandat dure six ans, les transformations que nous engageons se réalisent sur un temps beaucoup plus long », a-t-elle dit. Un message clair.

Maintenant qu’elle a sa casquette de candidate vissée sur la tête et des candidats dans tous les arrondissements, Anne Hidalgo devrait enchaîner les sorties médiatiques sur le terrain et rassembler lors de meetings. Une réunion publique pourrait intervenir dès ce lundi soir afin de marquer le début de cette campagne éclair de neuf semaines. « Dès lors qu’on passe au statut de candidate, ça change un tout petit peu la relation qu’on a aux Parisiens », expliquait jeudi soir, sur BFM Paris, Emmanuel Grégoire. « Maintenant, elle va pourvoir préciser le projet qu’elle entend proposer aux Parisiens, démontrer qu’on a de l’énergie, un projet, la capacité de le porter et une configuration politique pour le permettre », ajoutait-il.

Anne Hidalgo part dans cette campagne avec les communistes, le groupe Génération. s, mais sans les Verts. David Belliard exclut pour le moment toute alliance, sauf celle dans le cadre de sa « coalition pour le climat ». « La coalition se fait sur le projet. Ça se fera sur la base des propositions pour Paris notamment sur les questions d’urbanisme, d’espaces verts. Est-ce qu’on veut du béton ou des jardins ? Pour moi, il n’y a pas d’amour, que des preuves d’amour. Et si oui ou non, nous sommes capables de se mettre d’accord notamment si j’arrive en tête. S’ils veulent cette révolution pour la santé, les familles, les plus vulnérables, avec nous, alors bingo, on part ensemble », expliquait-il à 20 Minutes début janvier. Et côté programme ?

« Continuer de penser la ville autour de la question de l’urgence climatique »

« Avec la crise écologique, je pense qu’il faut évidemment continuer de penser la ville, les politiques urbaines, sociale et économiques. Et ce autour de cette question de l’urgence climatique », affirmait-elle auprès de 20 Minutes lors d’une interview accordée en juin dernier. En décembre, l’équipe de « Paris en Commun » avait commencé à égrener ses premières propositions.

Il faut « soutenir le commerce de proximité », plaide la plateforme, qui estime que les « grandes chaînes de magasins, de boutiques touristiques et l’arrivée massive du e-commerce menacent les commerces de proximité et donc l’âme de nos rues ». Sur le volet familial, « Paris en commun » envisage de créer « un réseau de proximité de professionnels de la petite enfance » pour prendre en charge les enfants « en cas de besoin imprévu de jour comme de nuit ». Mais Anne Hidalgo devra répondre aussi aux cours de ces prochaines semaines sur les questions de propreté, de mobilité, de logement, de sécurité. Des thèmes sur lesquels ses opposants vont à coup sûr l’attaquer.

Les opposants justement ont tout prévu. Rachida Dati, la candidate Les Républicains, a voulu profiter de ce week-end de déclaration d’Anne Hidalgo pour organiser une mobilisation sur les réseaux sociaux et sur le terrain. « Tout ce week-end, je vous invite à une opération de mobilisation exceptionnelle pour dire la vérité aux Parisiens sur le bilan de la Mairie de Paris », annonce-t-elle. Et de préciser : « Cette année, nous avons une chance exceptionnelle de dire stop à six ans de plus de gestion désastreuse de Paris ».