Grève à la RATP : « C’est le petit peuple qui souffre, pas les politiques »

VOUS TEMOIGNEZ La grève sans trêve durant les fêtes dans les transports parisiens se poursuit en ce début d’année alors qu’un nouveau round de concertations sur la réforme des retraites s’ouvre ce mardi. Les usagers fatiguent mais restent, pour beaucoup, solidaires

R.L.
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La majeure partie des transports en Ile de France reste fortement perturbee par le mouvement social de la SNCF et RATP.
La majeure partie des transports en Ile de France reste fortement perturbee par le mouvement social de la SNCF et RATP. — SIPA PRESS
  • Face à un conflit social qui perdure et qui perturbe le trafic SNCF et RATP, les Franciliens continuent de s’adapter, à subir du stress, sans toutefois être résignés.
  • Alors qu’un nouveau round de concertations sur la réforme des retraites s’ouvre ce mardi, ils ont témoigné auprès de 20 Minutes.

Trente-quatrième jour de grève. Lignes perturbées voire fermés, rames bondées et usagers contraints à la marche à pied… Depuis le début de la semaine, ce retour des vacances scolaires est synonyme, comme depuis plus d’un mois, de galère dans les transports en commun à Paris et en Ile-de-France.

Les Franciliens ont en effet encore des difficultés à se déplacer avec seulement un Transilien (RER SNCF, trains de banlieue) sur deux et un trafic RATP « très perturbé ». Sur les réseaux de la régie, le service de mardi est « proche » de celui de lundi, a souligné la direction de la RATP. Seul le trafic des lignes automatisées 1 et 14 est normal. Les quatorze autres lignes sont ouvertes partiellement ou totalement, mais le service n’y est pas assuré toute la journée et de nombreuses stations sont fermées. Le trafic des RER A et B est quant à lui « très perturbé ». Face à cette situation inédite, les Franciliens continuent de s’adapter, à subir du stress, sans toutefois être résignés. Les lecteurs de 20 Minutes ​ont témoigné de ce qu’ils vivent depuis un mois.

« Je viens d’acheter un bon vélo »

« Je viens d’acheter un bon vélo. Fontenay-sous Bois – Pantin matin et soir, c’est fatigant mais moins stressant que d’attendre un tramway qui ne vient pas », explique Marjolaine. Force est de constater qu’elle n’est pas seule dans cette situation et que la grève dans les transports semble accentuer une révolution cycliste dans la capitale et le Grand Paris. Fin novembre, le nombre de vélos a déjà augmenté de 54 % entre septembre 2018 et septembre 2019, selon 56 sites équipés de compteurs par la mairie de Paris. D’autres adaptent leur parcours.

« Hormis le premier jour, j’ai toujours pu me rendre à mon travail. J’ai dû changer mon trajet [lignes 8 et 1 à la place des 8 et 9], pour un temps de parcours légèrement supérieur [1h30 contre 1h habituellement]. J’ai également dû modifier mes horaires : partir un peu plus tôt le matin de chez moi et ne pas tarder le soir. Ce que j’ai compensé par du télétravail », explique de son son côté, Erwan. « C’est usant et même si l’on soutient le mouvement, c’est épuisant ! », abonde Séverine. Mais pour certains le stress est bien présent.

« Je suis enceinte et cette grève m’épuise »

« La grève ne m’avait pas manqué, les vacances étaient les bienvenues. Après le transport chaotique, le plus dur fût surtout d’essayer de sortir ou plutôt de s’extirper de la gare. C’était très impressionnant de voir ces flots de marées humaines, de ne pas pouvoir avancer ni reculer et qui parfois me faisait penser au film La Marche de l’Empereur », commente Olivier. Et de préciser : « Je me disais également qu’avec les actualités stressantes de ces temps-ci, qu’un acte malveillant pourrait avoir de graves conséquences. C’est un stress qui s’ajoute au stress des transports ».

Une femme enceinte témoigne également d’un stress très important dans son quotidien. « Cette grève m’épuise. Elle m’a coûté très cher en taxi depuis le début du mouvement. J’habite dans la partie haute de la ligne 12 et elle n’a jamais été rouverte depuis le 5 décembre. Les bus sont peu nombreux et dangereux dans mon état : les gens sont nerveux, entassés et même assise, les personnes se bousculent et manquent de me tomber dessus en étant déséquilibrées en descendant ou à chaque coup de frein car la circulation est infernale. Je ne peux pas aller au travail certains jours je suis épuisée d’attendre, de redouter, de stresser », affirme Prisca.

Enfin, pour d’autres, la grève n’embête pas les bonnes personnes. « C’est le petit peuple qui souffre, pas les politiques. Il faut fédérer le peuple aux causes, pas l’inverse. Trouver d’autres moyens de pression pour faire plier le gouvernement. En 2020 il n’est plus possible d’agir ainsi. Les syndicats doivent avoir le courage de changer leurs façons de voir ! », juge Patrick. Alors que d’autres lecteurs de 20 Minutes souhaitent la poursuite de la grève. C’est le cas de cet internaute : « Cette grève générale est fantastique, j’ai pu ainsi reprendre la marche à pied, refaire du vélo, un peu de covoiturage aussi !
En plus, pas de carburant fossile consommé, c’est tout bon pour la planète ! Que la grève continue. »