Explosion rue de Trévise : Des experts relèvent des « manquements » de la ville de Paris et d’une entreprise

SINISTRE C’est la rupture d’une canalisation de gaz qui a provoqué une importante explosion dans le 9e arrondissement de Paris en janvier dernier

20 Minutes avec AFP

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Une vue générale montre les débris et les carcasses de voitures après l'explosion d'une boulangerie au coin des rues Sainte-Cecile et de la rue de Trévise dans le 9e arrondissement de Paris le 12 janvier 2019.
Une vue générale montre les débris et les carcasses de voitures après l'explosion d'une boulangerie au coin des rues Sainte-Cecile et de la rue de Trévise dans le 9e arrondissement de Paris le 12 janvier 2019. — Carl LABROSSE / AFP

Le 12 janvier dernier, une grosse explosion retentissait rue de Trévise, dans le 9e arrondissement de Paris, faisant quatre morts. Près d’un an plus tard, des experts mandatés par les magistrats du pôle accidents collectifs du tribunal de Paris ont rendu leurs conclusions. Leur rapport relève des « manquements » de la ville de Paris et d’une entreprise de travaux publics, a révélé le procureur de Paris Rémy Heitz lors d’une conférence de presse.

En revanche, « les installations de gaz GRDF desservant l’immeuble n’appellent « aucune remarque » des experts quant au respect des dispositions réglementaires en vigueur au moment des faits », souligne Rémy Heitz dans un communiqué.

Un trottoir affaissé comme indice

Le collège de quatre experts mandatés par les magistrats du pôle accidents collectifs du tribunal de Paris a établi que l’explosion, qui a fait quatre morts et 66 blessés le 12 janvier dernier au matin, avait été provoquée par « une accumulation de gaz naturel du réseau GRDF, consécutive à la rupture d’une canalisation de gaz, ayant pour cause principale un affaissement du sol sous le trottoir devant le porche de l’immeuble situé 6 rue de Trévise ».

Or, « si la cause de l’affaissement du trottoir avait été recherchée et si sa réfection avait été correctement réalisée, cette explosion aurait pu être évitée », estime ce rapport provisoire, remis aux juges le 18 décembre. En effet, les services de la voirie de la ville de Paris et cette entreprise – dont le nom n’est pas cité par le procureur – « ont considéré que l’affaissement du trottoir devant la porte cochère de l’immeuble était un petit affaissement et l’ont traité en tant que tel ».

Un syndic pas assez réactif

« N’ayant pas cherché à en connaître la cause, ils n’ont procédé qu’à des travaux de surface pour rétablir l’horizontalité du trottoir alors que des travaux en profondeur s’imposaient et que l’entreprise avait connaissance d’une canalisation de gaz sous le trottoir à cet emplacement ».

Selon les experts, cet affaissement s’explique en fait « par un écoulement d’eau du fait de la défectuosité d’un collecteur d’eaux usées installé au sous-sol de l’immeuble, constatée par le syndic à la fin de l’année 2015 ». A cet égard, les experts ont aussi pointé « un manque de réactivité » du syndic, qui a pris du retard dans la réalisation des travaux de réfection du collecteur, « intervenus en septembre 2017 » seulement, ce qui a « pu contribuer à la survenance du sinistre ».