La mort aussi coûte cher intra-muros

Ch. Centofanti - ©2008 20 minutes

— 

Capacité d'accueil, prix des concessions, évolutions... A l'avant-veille de la fête des morts, 20 Minutes se penche sur les cimetières parisiens.

· Places Saturés, les vingt cimetières gérés par la Ville ? « Globalement non, assure Pascal-Hervé Daniel, chef du service des cimetières. Mais, à Passy, j'aurais du mal à trouver une place. » Comme dans les autres petits cimetières, les inhumations restent possibles, « mais sur décès ». En clair, pas de réservation, mais des listes d'attente sur lesquelles on s'inscrit. La Commission d'attribution des concessions funéraires, composée d'élus, tranche en fonction des terrains libres, de l'âge du demandeur et de l'ancienneté de sa requête. « Connaître du monde, ça aide », confie un professionnel du secteur.

· Tarifs « Ils suivent le prix de l'habitat », explique Michel Kawnick, président de l'Association française d'information funéraire. Ils sont donc élevés, « mais, depuis 2003, trois niveaux de tarifs (voir infographie) permettent un accès pour tous et on ne vend plus seulement des concessions perpétuelles, chères et inadaptées aux moeurs actuelles », souligne Pascal-Hervé Daniel. « Les Parisiens qui ont les moyens choisissent l'intra-muros », note Patrick Simonyi, marbrier à Pantin (93). « Les plus modestes se reportent en banlieue », confirme Philippe Housse, conseiller funéraire.

· Tendances Quelque 18 000 inhumations par an dans les années 1990, contre 10 000 aujourd'hui : le service des cimetières traverse une période de sous-activité par rapport à il y a vingt ans. Le choc démographique est attendu « à partir de 2020 ». Et la crémation gagne du terrain. « Le taux est de 40 % à Paris, contre 30 % au niveau national », souligne François Michaud-Nérard, directeur général des services funéraires de la Ville de Paris. Les jardins cinéraires se développent aussi. D'ici à cinq ans, tous les cimetières devraient en être dotés. En revanche, les rites religieux sont délaissés : « Un convoi sur deux ne passe plus par un lieu de culte », constate François Michaud-Nérard.