Municipales 2020 à Paris : Hidalgo et Dati « complices »... Quelle est réellement la relation entre elles deux ?

RIVALITE « Rachida Dati et Anne Hidalgo sont manifestement complices », a récemment déclaré Benjamin Griveaux (LREM). D’autres évoquent plutôt « une entente cordiale »

Romain Lescurieux

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Anne Hidalgo et Rachida Dati lors d'un débat en 2013 à Sciences Po
Anne Hidalgo et Rachida Dati lors d'un débat en 2013 à Sciences Po — SIPA PRESS
  • « Rachida Dati et Anne Hidalgo sont manifestement complices », a déclaré dimanche Benjamin Griveaux (LREM) au Parisien.
  • « Il n’y a pas d’alliance secrète, on parle simplement de deux femmes qui s’entendent bien », réagit-on à l’Hôtel de ville.
  • Les deux concurrentes qui ont fait face durant leur carrière au sexisme et à un certain mépris évoluent davantage dans un affrontement bienveillant.​

Anne Hidalgo, Rachida Dati, les meilleures ennemies ? La maire sortante (PS) – pas encore officiellement déclarée – et la candidate choisie pour représenter la famille Les Républicains aux élections municipales de 2020 ne se sont encore jamais affrontées lors d’un scrutin. Mais elles se connaissent bien. En avril 2013, les deux femmes se sont fait face à l’occasion d’un débat en amont des municipales organisé à Sciences Po. Présenté comme un choc, l’échange sera finalement analysé comme « une rencontre presque amicale » avec en toile de fond une ennemie politique commune : Nathalie Kosciusko-Morizet, qui sera en définitive la candidate UMP, aux dépens de Rachida Dati.

Six ans plus tard, un candidat ressort du tiroir la théorie d’une sorte d’alliance secrète entre les deux femmes. « Rachida Dati et Anne Hidalgo sont manifestement complices. Toutes deux veulent préserver le statu quo. Elles ont besoin l’une de l’autre pour enfermer les Parisiens dans l’affrontement gauche-droite qui les a tant servies. Or, ça, les Parisiens n’en veulent plus », a récemment déclaré au Parisien, Benjamin Griveaux, candidat LREM à la mairie de Paris. Un serpent de mer de la vie politique parisienne ?

« Il y a toujours eu un téléphone direct »

Si les deux femmes ne sont pas du même bord politique, il n’y a jamais eu d’inimitié. Mais un profond respect mutuel, une cordialité, jusqu’à la « complicité » ? « "Complices" est un terme fort mais on peut dire qu’elles sont raccords. Déjà, un maire d’arrondissement ne peut pas être en guerre permanente avec la maire de Paris », indique-t-on dans les rangs de la droite parisienne. Et de préciser : « Rachida Dati a une attitude très collaborative avec Anne Hidalgo. N’oublions pas que la candidate LR d’aujourd’hui a sauté de joie quand NKM a été battue en 2014. Entre elles, il y a toujours eu un téléphone direct », des échanges, des sms.

En 2014, selon L'Express, Anne Hidalgo et Rachida Dati auraient notamment eu des contacts réguliers pendant la campagne municipale. Et Rachida Dati n’aurait pas hésité à donner à Anne Hidalgo « des informations précises sur l’agenda » de Nathalie Kosciusko-Morizet. Autre exemple, dans un récent entretien à Télé Loisirs, l’ancienne Garde des Sceaux est revenue sur les attaques subies en politique ces dernières années et notamment vis-à-vis de sa fille Zohra. « Elle a subi un harcèlement d’un petit garçon dans un établissement scolaire et ça s’est fini à l’hôpital, pendant la campagne électorale de 2014 (…) Ça allait trop loin », déplore celle qui révèle alors avoir reçu le soutien d’Anne Hidalgo durant cette période difficile.

« Une entente cordiale »

Loin d’être une alliance politique politicienne, comme le sous-entend Benjamin Griveaux, Anne Hidalgo et Rachida Dati – toutes les deux issues de la diversité et aux origines sociales modestes – évolueraient davantage dans un affrontement bienveillant. De quoi énerver une vieille (ou une vieille récente) classe politique. Quand Rachida Dati dézingue, il y a rarement d’attaque personnelle visant Anne Hidalgo. Quand elle déclare « on ne peut plus laisser Paris entre les mains de quelques médiocres », elle prend le soin de juger la globalité, le collectif de « la municipalité actuelle ». « Quand je dis médiocre, c’est que la municipalité n’a pas eu une gestion à la hauteur de l’ambition qu’on doit avoir pour Paris », précise-t-elle dans une interview accordée à 20 Minutes.

« Il y a une entente cordiale entre Anne Hidalgo et Rachida Dati. Elles ont vécu des choses similaires dans leur carrière politique, du mépris notamment, du fait que ce soit des femmes aussi », souffle-t-on à l’Hôtel de ville. Son entourage abonde : « Elles s’entendent bien. Elles ont le même profil de femmes politiques issues de l’immigration. Mais il n’y a pas d’alliance secrète, on parle simplement de deux femmes qui s’entendent bien ». Et qui s’opposent comme deux adversaires politiques aux idées différentes, notamment sur des thématiques comme la sécurité ou encore la mobilité.