Déraillement d'un train à Brétigny-sur-Orge: Un procès pour homicides involontaires requis contre la SNCF

CATASTROPHE Le déraillement de ce train, en juillet 2013, avait coûté la vie à sept personnes et fait des dizaines de blessés

Caroline Politi
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Sur les lieux de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, le 13 juillet 2013.
Sur les lieux de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, le 13 juillet 2013. — SOLAL/SIPA

Le parquet d’Evry a requis un procès pour homicides et blessures involontaires à l’encontre de la SNCF et d’un cheminot. Il y a six ans,  le déraillement d'un train dans la gare de Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne, avait fait sept morts et des dizaines de blessés.

Le cheminot était à la tête d’une brigade chargée de l'inspection des voies au moment du déraillement, en juillet 2013. C’est lui qui avait réalisé la dernière inspection, huit jours avant  la catastrophe​. Il revient désormais aux juges d’instruction de décider de les renvoyer ou non devant le tribunal correctionnel. Sollicité, l'avocat de la SNCF, Emmanuel Marsigny, a indiqué "ne pas être en mesure de communiquer" sur un document dont il n'avait "pas eu connaissance".

Un "éclisse" au coeur de la catastrophe

Le 12 juillet 2013, le train Intercités Paris-Limoges avait déraillé en gare de Brétigny-sur-Orge en Essonne quand une éclisse - sorte de grosse agrafe qui maintient deux rails consécutifs - avait pivoté, provoquant l'accident. Bilan de l'une des pires catastrophes ferroviaires survenues en France depuis une vingtaine d'années: trois morts parmi les passagers du train, quatre parmi les personnes qui attendaient sur le quai, et des dizaines de blessés.

L'enquête a exclu "toute faute du conducteur ou un quelconque acte de malveillance", a expliqué le parquet dans un communiqué. Le parquet a conclu que le train avait déraillé à cause "de défauts de maintenance", d'un "système de surveillance insuffisant", et de "manquements dans l'organisation des ressources humaines".

Mise en examen de la SNCF

Pendant les cinq années de l'enquête, toutes les expertises ordonnées par la justice ont conclu que le train avait déraillé à cause d'un morceau de voie mal entretenu qui s'est désagrégé au fil du temps. La SNCF estime de son côté que l'assemblage incriminé a cédé brutalement à cause d'un défaut de l'acier, et donc que l'accident était imprévisible - une hypothèse qui la dédouanerait. Les juges d'instruction avaient annoncé la fin de leurs investigations début 2019, après cinq ans d'enquête et un rebondissement inattendu : quelques jours avant la clôture, un cadre de la SNCF avait été mis en examen, également pour homicides et blessures involontaires.