Paris: L'évacuation du camp de migrants de la porte d'Aubervilliers reportée faute de policiers

MISE A L'ABRI Selon les associations et la mairie de Paris, cette opération, qui devait avoir lieu ce jeudi, a été reportée à la dernière minute.

20 Minutes avec AFP

— 

Sur le camp du Millénaire
Sur le camp du Millénaire — Caroline Politi/20 Minutes

Une vaste opération d'évacuation d'un camp de migrants du nord-est parisien a été annulée à la «dernière minute» ce  jeudi matin. En cause: l'absence d'encadrement policier, affirment les associations et la mairie de Paris. «Normalement, la Préfecture de police assure la sécurisation de l'opération. Cette fois, il y avait trois fonctionnaires de police», affirme Dominique Versini, adjointe de la maire de Paris chargée des questions migratoires.

Quelque 700 personnes, installées Porte d'Aubervilliers, devaient quitter le campement pour être mises à l'abri, selon la mairie de Paris, deux semaines après l'évacuation de 1.600 migrants Porte de la Chapelle, à la lisière de la Seine-Saint-Denis. Selon l'élue, c'est le signe que «l'Etat n'est pas décidé à faire la deuxième grande opération d'évacuation des camps parisiens, alors que le froid arrive». La préfecture de la région Ile-de-France a confirmé cette annulation sans donner plus de précisions. «Ce matin, la préfecture de région avait prévu une maraude Porte d'Aubervilliers (...). En raison d'un mouvement de foule, les conditions n'étaient pas réunies pour assurer la bonne réalisation de cette maraude. Il a donc été décidé d'annuler l'opération.»

«Ce couac, c'est du jamais vu»

Après l'évacuation de la Porte de la Chapelle, vidée des campements insalubres sous le périphérique et désormais surveillée jour et nuit par les forces de l'ordre pour éviter toute réinstallation, les autorités ont assuré leur volonté de démanteler les autres campements du nord-est parisien. «Ce couac, c'est du jamais vu», estime Pierre Henry, directeur général de France terre d'asile, partenaire de la Ville sur ces opérations. «On nous a demandé de mobiliser 10 cars, mais ce blocage est venu de la Préfecture de police, qui n'a pas envoyé les forces nécessaires. C'est un incident inadmissible».

La Préfecture de police n'a pas répondu aux sollicitations dans l'immédiat.