Municipales 2020 à Paris: Quels sont les « swing arrondissements » qui peuvent faire basculer le scrutin ?

POLITIQUE A quatre mois des élections municipales, tour d’horizon des arrondissements dont les résultats peuvent changer la donne

Romain Lescurieux

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La mairie du 3e arrondissement de Paris a été choisie pour être la mairie de «Paris centre» qui regroupe les quatre premiers arrondissements de la capitale. (Illustration)
La mairie du 3e arrondissement de Paris a été choisie pour être la mairie de «Paris centre» qui regroupe les quatre premiers arrondissements de la capitale. (Illustration) — HADJ/SIPA

Paris, c’est les States. Avec un mode de scrutin au suffrage universel indirect imposé par la loi PLM, la capitale (comme Lyon et Marseille) connaît des élections municipales à part du reste de la France. Concrètement, ce n’est pas une élection qui se joue mais plusieurs, dans chacun des 17 arrondissements (le 1er, le 2e, 3e, 4e, ayant fusionné) afin d’élire un maire et des conseillers municipaux. Parmi eux, 163 conseillers de Paris désignent ensuite – comme des grands électeurs américains – la ou le futur maire de Paris. A noter que tous les arrondissements ne se valent pas.

Dans chaque arrondissement, un certain nombre de conseillers municipaux sont en effet élus en fonction du nombre d’habitants. Plus il est peuplé, plus il dispose de conseillers qui siégeront au Conseil de Paris. Ainsi, comme aux États-Unis et ses « swing states » (état-pivot) lors de l'élection présidentielle, à Paris, lors des élections municpales, des « swing arrondissements » peuvent changer de camp et faire basculer le résultat du vote final. A quatre mois de l'échéance, tour d’horizon de ces points chauds, alors que la présence d’un candidat LREM et d’un dissident change la donne.

Le 14e arrondissement (10 conseillers de Paris)

La maire du 14e arrondissement Carine Petit, issue du mouvement « Génération. s » soutiendra finalement Anne Hidalgo. Élue sous l’étiquette PS en 2014, elle a rejoint le mouvement de Benoit Hamon pour finalement rallier la plate-forme de soutien à Anne Hidalgo, « Paris en Commun ». En face d’elle, le candidat Cédric Villani. Habitant de cet arrondissement, il a rappelé lors de son annonce que « le 14e est crucial pour la victoire ». De quoi inquiéter la maire du 14e ? « Ce n’est pas la première fois que nous voyons débarquer du RER un député de l’Essonne », a fanfaronné (un brin méprisant) celle qui a battu Nathalie Kosciusko-Morizet y a six ans, rappelle Le Point.

Le 12e arrondissement (10 conseillers de Paris)

La maire PS sortante, Catherine Baratti-Elbaz a décidé de ne pas se représenter dans cet arrondissement. Mais pas question de perdre cet arrondissement pour la majorité qui a décidé d’y présenter le premier adjoint à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire. Les Marcheurs, Benjamin Griveaux en tête, ont de grands espoirs dans cet arrondissement qui a enregistré d’importants scores aux dernières échéances électorales. 

Le 18e arrondissement (15 conseillers de Paris)

Anne Hidalgo fait du 18e un bastion qui ne peut pas basculer. Vraiment ? « A priori, non, confirme un hiérarque socialiste auprès du Monde. Ou si le 18e bascule, tout Paris bascule ». Si les marcheurs guettent cet arrondissement qui est aussi le terrain de chasse historique du candidat Pierre-Yves Bournazel, les Verts et la France Insoumise espèrent les uns comme les autres sortir leur épingle du jeu. L’ancien footballeur  Vikash Dhorasoo, qui va se lancer dans la bataille des municipales à Paris en binôme avec l’élue LFI Danielle Simonnet, sera tête de liste dans cet arrondissement.

Paris Centre (8 conseillers de Paris)

« C’est un arrondissement qui est guetté de près, plus parce qu’il est symbolique », note-t-on dans les rangs de Benjamin Griveaux qui a investi son directeur de campagne, Pacôme Rupin, pour y mener la bataille. C’est la première fois qu’une élection s’y déroule depuis que les quatre arrondissements ont fusionné. En 2016, dans le cadre de la réforme du statut de Paris, Anne Hidalgo, souhaitait une fusion des arrondissements les moins peuplés de la capitale au nom d’une meilleure « représentation démocratique » alors que ses opposants dénoncaient une « réforme électoraliste ». A ce titre, Paris Centre reste la grande inconnue de l’équation.

Le 11e arrondissement (11 conseillers de Paris)

La rumeur circule depuis plusieurs mois… le 11e pourrait être l’arrondissement où se présentera la maire sortante, Anne Hidalgo. En revanche, elle sera numéro 2 et non tête de liste. Si son arrivée dans un arrondissement souvent présenté comme « bobo et écolo », est avéré, elle retrouvera en face d’elle, David Belliard, tête de liste Europe Ecologie-Les Verts et habitant du quartier. LREM a de son côté investi un ancien de la Marine nationale qui a créé des agences immobilières, Guillaume Poitoux.